Sélectionner une page

Le PSG a vécu avant 2011 et la venue des Qataris. Et bien vécu même puisqu’il a remporté son unique Coupe d’Europe (l’ex-Coupe des Vainqueurs de Coupes) quinze ans plus tôt à Bruxelles face au Rapid Vienne (1-0). Julio Cesar Dely Valdes, recruté en 1995 pour pallier au départ de George Weah, faisait partie de cette équipe mythique. Aujourd’hui entraîneur de l’équipe réserve de Malaga, l’ex-attaquant international panaméen revient sur ses deux saisons au PSG : la première réussie (ndlr : 15 buts en L1 et un titre de champion d’Europe) et la seconde plus mitigée (8 buts). Entretien avec l’ex-compère d’attaque de Raï, Patrice Loko et Youri Djorkaeff.

 

Julio Cesar Dely Valdes, tu as arrêté ta carrière de joueur de football professionnel en 2006. Que deviens-tu actuellement ?
Depuis un an, je suis l’entraîneur de l’équipe réserve de Malaga (ndlr : Liga). La saison passée, j’entraînais les jeunes du club.


Est-ce que tu continues de suivre les résultats du PSG, ton ancien club ?
Oui bien sûr. Pas seulement depuis que le PSG rejoue la Coupe d’Europe. Je les suivais également pendant les années 2000. Aujourd’hui, il manque un titre au PSG sur la scène européenne.


Justement, penses-tu que le PSG est en mesure d’éliminer Manchester United en huitièmes de finale de la Ligue des Champions ?
Ce sera un duel très serré. Manchester United va beaucoup mieux et enchaîne les victoires. Les matchs de Ligue des Champions sont tous difficiles, surtout à partir des huitièmes de finale. Tout est possible. Mais je pense que le Paris Saint-Germain peut passer même sans Neymar. Je l’espère d’ailleurs. Le PSG a plein d’autres bons joueurs, c’est la raison pour laquelle je pense que c’est possible.


« Luis Fernandez parle espagnol. C’était un sacré plus pour mon acclimatation au PSG. Il m’a beaucoup aidé. Dès mon arrivée, il m’a fait sentir que j’étais un joueur important de son équipe »


Ton ancien partenaire au PSG, Jimmy Algerino, disait que tu avais le même style de jeu qu’Edinson Cavani : intelligent dans les déplacements et bon de la tête. Es-tu d’accord avec lui ?
Ah Jimmy, c’était un super coéquipier. Il est le bienvenu au Panama ou à Malaga. Je ne sais pas si Edinson Cavani a le même jeu que moi, mais nous avons des caractéristiques similaires. Au début de ma carrière, j’étais souvent utilisé sur un côté mais petit à petit mes entraîneurs m’ont demandé de jouer numéro neuf car je dominais bien le jeu dans les airs et parce que j’avais la capacité à marquer beaucoup de buts. Quand j’étais au PSG, j’avais 30 ans et je comprenais mieux le jeu. Mon expérience m’a permis d’être plus intelligent dans les déplacements.

 

Revenons en 1995. A l’époque tu jouais à Cagliari, en Série A italienne. Comment as-tu été recruté par le PSG ?
Le PSG me suivait car il était en train de transférer George Weah au Milan AC. Je me souviens de ce jour où j’étais au Panama en vacances. Un agent m’a appelé pour me dire que le PSG allait me contacter et que je devais me préparer à faire mes valises pour la France. J’étais très content car le PSG pratiquait un très beau football dans les années 90. A l’époque, le PSG était connu au Panama, mais beaucoup moins que maintenant (rires).


Comment s’est passé ton premier entretien avec Luis Fernandez, l’entraîneur du PSG en 1995 ?
Luis Fernandez parle espagnol. C’était un sacré plus pour mon acclimatation. Il m’a beaucoup aidé pour que je puisse m’intégrer rapidement. Dès mon arrivée, il m’a fait sentir que j’étais un joueur important de son équipe. Grâce à lui et aux joueurs de l’effectif, je me suis tout de suite senti à la maison au PSG. Luis Fernandez est un entraîneur de caractère, passionné, exigeant mais aussi proche de ses joueurs.


« Le public du Parc des Princes m’a bien aimé lors de ma première saison (1995/96). Ensuite, j’ai été blessé et j’ai eu du mal à revenir dans le coup. Déjà à l’époque, le public parisien était très exigeant »


Tu as réussi à te faire adopter rapidement par le public du Parc des Princes en marquant dès ton premier match de la saison 1995/96 face à Guingamp (1-1, 2eme journée)…
C’est exact. J’ai marqué de la tête suite à une passe de Paul Le Guen. Ce but est un très bon souvenir pour moi car il m’a donné beaucoup de confiance et permis d’être adopté par le Parc des Princes. Ce public m’a bien aimé lors de ma première saison. Moins en 1996/97. Durant cette deuxième saison, j’ai été blessé et j’ai eu du mal à revenir dans le coup. Déjà à l’époque, le public parisien était très exigeant.


Tu as aussi marqué un but fabuleux à Saint-Étienne (1-1, 22eme journée), sous la neige, en décembre 1995. Tu te rappelles de ce but ?
Oui bien sûr, c’était un retourné acrobatique du pied droit suite à une double-tête de Raï (voir la vidéo ci-dessous à partir de 4,30). Ce but est arrivé à un moment où je me sentais vraiment bien dans le collectif parisien. Est-ce mon meilleur souvenir avec le PSG ? Non, c’est évidemment la victoire en finale de Coupe des Coupes en 1996.

 

Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu allais débuter cette finale de Coupe des Coupes (ndlr : contre le Rapid Vienne, 1-0) en tant que remplaçant ?
Je n’ai rien dit. Tous les joueurs veulent jouer ce genre de match. Rapidement (ndlr : dès la 12eme minute), j’ai remplacé Raï qui venait de se blesser. Ce 8 mai 1996, je suis rentré dans l’histoire du Paris-Saint-Germain. J’ai été marqué par notre rencontre avec Jacques Chirac, l’ancien président de la République française, et la descente des Champs-Élysées dans cet autobus. C’était beau, il y avait vraiment beaucoup de Parisiens pour venir fêter ce titre. Notre génération a remporté l’unique coupe européenne du PSG.


« Le PSG a perdu le titre de Champion de France de façon incroyable en 1996. La cause ? Notre défaite à Auxerre dans le sprint final. Ensuite,nous nous sommes perdus et les mauvais résultats se sont enchaînés. »


Un titre que n’a jamais remporté Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani ou Neymar avec le PSG…
(Il éclate de rire) Aujourd’hui, il ne manque plus qu’une victoire en Ligue des Champions au PSG car il domine tellement le championnat de France.


Le onze de départ de cette finale de Coupe des Coupes était le suivant : Lama – Colleter, N’Gotty, Le Guen, Roche – Bravo, Fournier, Guerin, Djorkaeff – Raï, Loko. Quels mots choisirais-tu pour qualifier chacun de ces joueurs ?
Bernard (Lama) était vraiment un gardien spectaculaire. Un chat (rires). Il était impressionnant car il arrivait à bloquer le ballon dans beaucoup de situations même quand l’attaquant adverse était proche de lui. Patrick (Colleter) était un guerrier. Il luttait sur tous les ballons. Bruno (N’Gotty), j’ai été marqué par sa présence et son élégance. Il a marqué ce but qui vaut de l’or. Paul (Le Guen) était impressionnant dans sa vision du jeu. Un joueur très intelligent. Alain (Roche) était un leader. C’était un joueur agressif, dans le bon sens du terme. Daniel (Bravo) avait trois poumons. C’était le moteur de l’équipe. Laurent (Fournier) jouait souvent vers l’avant et c’était plaisant. Il était très travailleur. Vincent (Guérin) avait aussi trois poumons. C’était un joueur très intelligent. Raï, j’ai été marqué par son élégance, son intelligence, son expérience. Il transmettait sa sérénité à l’équipe. Youri (Djorkaeff) était tellement fort sur le plan technique. Patrice (Loko) était très travailleur, intelligent et se déplaçait vraiment bien.


En 1996, le PSG était en bonne position pour devenir champion de France. Comment expliques-tu cette fin de saison catastrophique qui a été fatale dans la conquête du titre (ndlr : remporté par Auxerre) ?
Le PSG a perdu le titre de Champion de France de façon incroyable en 1996. La cause ? Notre défaite à Auxerre (0-3, 32eme journée) dans le sprint final. Ensuite,nous nous sommes perdus et les mauvais résultats se sont enchaînés.


« S’il y avait eu des tensions entre le groupe parisien et Luis Fernandez, nous n’aurions pas remporté la Coupe des Coupes. Yannick Noah est juste venu pour apporter de bonnes énergies et son expérience au groupe »


Existait-il des tensions entre le groupe et Luis Fernandez ? Le club avait d’ailleurs fait venir Yannick Noah avant la finale de la Coupe des Coupes 1996 ?
J’étais dans le groupe et je ne l’ai pas perçu comme ça. S’il y avait eu des tensions, nous n’aurions pas remporté la Coupe des Coupes. Quant à Yannick Noah, il est juste venu pour apporter de bonnes énergies et son expérience au groupe.


Pourquoi as-tu quitté le PSG en 1997 ?
J’ai eu l’opportunité de jouer dans le championnat espagnol suite à cette proposition du Real Oviedo, qui était une belle équipe de Liga dans les années 90. En plus, j’étais sollicité par l’actuel sélectionneur de l’Uruguay, Oscar Tabarez, que j’avais côtoyé à Cagliari. C’était une belle opportunité pour moi. Ce n’était pas une déception de quitter Paris à ce moment-là de ma carrière même si j’étais triste de quitter Raï. Il m’a tellement aidé avec Luis Fernandez.

Propos recueillis par Clément Lemaître

Tu es fan du PSG ? Découvre cette belle interview d’Alain Cayzac