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Aujourd’hui entraîneur à Porto-Vecchio, Nicolas Bonnal est devenu un Corse de cœur. L’ex-ailier revisite sa carrière pour Foot d’Avant : son arrivée au centre de formation de Monaco avec David Trezeguet, Thierry Henry et Philippe Christanval, ses débuts avec l’AC Ajaccio en National, son retour à Monaco à l’époque où Marco Simone et Marcelo Gallardo écœuraient leurs adversaires, son passage contrasté à Lille où son clash avec Claude Puel l’a mené une nouvelle fois à Ajaccio et à Reims ensuite. Entretien.


Que deviens-tu depuis la fin de ta carrière de joueur de football professionnel ?
J’ai rencontré ma femme lorsque j’évoluais à l’AC Ajaccio. Elle est Corse. Pour nous, il était évident de revenir sur l’île à la fin de ma carrière. Ça fait onze ans maintenant que je suis installé en Corse. J’ai passé les diplômes d’entraîneur et j’ai été responsable de la pré-formation à l’école de football de l’AC Ajaccio. Depuis trois ans, je travaille au service des sports de la mairie d’Ajaccio. J’organise notamment chaque année l’un des plus grands tournois U11 en Europe qui se déroule à Ajaccio. En parallèle, je suis l’entraîneur de Porto Vecchio en Régionale 2.


Comme Pierre-Yves André, tu es devenu un Corse de cœur…
Je vais avoir 42 ans. Même si j’ai joué à Lille, Reims et Monaco, j’ai de fortes attaches en Corse. Je suis arrivé à Ajaccio à 19 ans. Ça fait plus de 20 ans que je connais la Corse. En plus, mes trois enfants sont nés à Ajaccio. A la base, je pense que j’avais la même mentalité que les Corses. Ici, c’est un endroit magnifique où il fait bon vivre. Pour travailler et élever ses enfants, c’est l’idéal.


Comment as-tu réagi à tout ce qui a été dit et écrit suite au barrage AC Ajaccio-Le Havre au printemps dernier ?
Bien évidemment le caillassage du bus est quelque chose qui ne doit pas arriver. Malheureusement ce sont des incidents qui arrivent de plus en plus fréquemment dans le milieu du foot. Je pense que l’abatage médiatique a été disproportionné par rapport à ce qui peut se passer lors des PSG-Marseille ou des Saint-Etienne-Lyon. C’est toujours l’image de la Corse qu’on essaie d’écorner. Pourtant, je peux vous assurer que la Corse est une terre paisible. Si tu respectes les gens, ils te respectent aussi.


Tu t’es fait connaître au milieu des années 90 et au début des années 2000. Quel bilan tires-tu de ta carrière ?
Je suis satisfait car j’aurais pu ne pas réussir dans le foot. Mais j’aurais aussi pu faire mieux. Donc le bilan est mitigé. J’ai été formé à l’AS Monaco avec Thierry Henry et David Trezeguet. J’y suis arrivé à l’âge de 14 ans et je suis resté cinq ans en Principauté. J’étais un espoir du club. Mais peut-être que mon manque de maturité et de physique à l’époque ont fait que je n’ai pas pu signer pro tout de suite. Du coup, j’ai été prêté à l’AC Ajaccio. En National d’abord et en Ligue 2 ensuite. Après deux très bonnes saisons en L2, je suis retourné à Monaco pour exploser en Ligue 1 et en Ligue des Champions. Mais malheureusement une blessure assez grave au genou droit m’a éloigné des terrains pendant quatorze mois. Elle a complètement cassé la dynamique et ma carrière. Je me suis fait opérer six fois de ce genou pendant ma fin de carrière. Je n’ai jamais retrouvé mon niveau. Après ma blessure, le chirurgien m’a dit que je ne pouvais plus rejouer au football mais j’ai quand même combattu le mal. De 25 à 30 ans, j’ai vécu des années compliquées. Avec cette blessure, je ne pouvais plus jouer à mon poste d’ailier gauche ou droit et j’ai dû me repositionner devant la défense.


« Quelques mois avant de signer chez les jeunes à Monaco, je ne pensais pas que footballeur professionnel était un métier et que les centres de formation existaient. Ça m’est tombé dessus par hasard. Le foot, ce n’était pas une obligation mais une passion »


Au départ, comment l’AS Monaco t’a recruté ?
Je suis originaire de Lyon. Mon père a dû déménager à Tulle pour des raisons professionnelles et j’ai donc joué à Brive plus jeune. Lors d’un match de -15 ans à Aurillac, un recruteur de Monaco m’a sollicité. Ensuite, tout a été très vite. Dans la foulée j’ai signé à Monaco. Quelques mois auparavant, je ne pensais pas que footballeur professionnel était un métier et que les centres de formation existaient. Ça m’est tombé dessus par hasard. Le foot, ce n’était pas une obligation mais une passion.


Comment s’est déroulée ton acclimatation à Monaco ?
Ça s’est bien passé. Même si je suis issu d’une famille nombreuse, j’ai toujours été solitaire. Comme j’étais l’aîné et que mon papa n’était pas souvent à la maison à cause de son travail, j’ai été mature très jeune. Je me suis débrouillé quand je suis arrivé à Monaco.


Il y avait une grande différence entre les installations de Brive et celles de l’AS Monaco…
Je n’ai même pas fait d’essai à Monaco. J’ai été invité une semaine en février. C’est la première fois que je prenais l’avion. Quand j’ai vu les installations, je n’ai même pas cherché à comprendre. J’ai signé tout de suite. Monaco, c’était extraordinaire. Pourtant j’étais sollicité par d’autres bons clubs comme Bordeaux, Nantes, Paris, Lens, Toulouse et Montpellier. J’ai fait une saison formidable en 15 ans nationaux à Brive. J’étais l’un des seuls à être en équipe de France jeunes tout en jouant dans un club amateur. Évidemment, cela a attiré l’attention.


Quels souvenirs gardes-tu de tes jeunes années à Monaco avec Thierry Henry et David Trezeguet ?
Ils étaient déjà très, très forts. Thierry Henry était déjà très mature. Il avait une grosse envie de réussir. Il a toujours mis tous les atouts de son côté pour percer. C’était le joueur modèle du centre de formation. Pour moi à l’époque, le foot c’était plus un amusement qu’un métier. Quant à David Trezeguet, c’était un gros travailleur. Il avait déjà d’énormes qualités devant le but. Il y avait aussi Philippe Christanval. Nous avions une génération extraordinaire et j’étais capitaine de cette équipe. Tout a été vite pour eux comme pour moi car j’ai joué très tôt, à 18 ans avec Gérard Banide et Jean-Luc Ettori. Malheureusement quand Jean Tigana a repris l’équipe, il n’a pas compté sur moi. Pourtant, j’ai fait toutes les sélections d’équipe de France jeunes jusqu’aux U18. Mais peut-être que j’avais moins de maturité que certains joueurs. L’AC Ajaccio m’a fait beaucoup de bien sur ce plan là.


« En étant prêté à l’AC Ajaccio, qui venait de remonter en National, je retombais dans le monde amateur. A l’époque, le club n’était pas du tout structuré. Les joueurs lavaient leur linge et leurs maillots chez eux. On prenait la voiture pour s’entraîner à 20 minutes d’Ajaccio. C’était un choc par rapport à ce que j’avais vécu à Monaco »


A l’époque à Monaco, il y avait de grands joueurs comme Lilian Thuram, Emmanuel Petit, Youri Djorkaeff, Enzo Scifo, Sonny Anderson. Qui t’a le plus aidé ?
Quand j’ai commencé à m’entraîner avec les pros, il y avait vraiment une bonne ambiance. Tous les pros aidaient beaucoup les jeunes. Mais c’est vrai que Lilian Thuram, Luc Sonor et Claude Puel, qui a été mon entraîneur ensuite à Monaco et Lille, m’ont peut-être encore plus aidé.


Comment Jean Tigana t’annonce qu’il ne compte pas sur toi après tes premiers matchs en Ligue 1 ?
J’ai joué une saison d’abord avec lui. Il m’a pris une dizaine fois sur le banc mais il ne m’a jamais fait entrer. La saison d’après, il me dit : « ça serait bien que tu te fasses prêter ». Je l’ai mal pris sur le coup. Avec le recul, je pense qu’il a eu raison. Le plaisir extraordinaire que j’ai eu à 15 ans quand je suis arrivé à Monaco s’est totalement envolé. J’ai senti une cassure. C’était un choc. En étant prêté à l’AC Ajaccio, qui venait de remonter en National, je retombais dans le monde amateur. A l’époque, le club n’était pas du tout structuré. Les joueurs lavaient leur linge et leurs maillots chez eux. On prenait la voiture pour s’entraîner à 20 minutes d’Ajaccio. C’était un choc par rapport à ce que j’avais vécu à Monaco. Pendant quelques mois, j’ai voulu arrêter le foot. Heureusement, le président Michel Moretti et l’entraîneur Baptiste Gentili m’ont beaucoup aidé pour me faire revenir à mon meilleur niveau. Ils ont toujours cru en moi. C’est d’ailleurs à partir de mon prêt qu’un partenariat entre l’AC Ajaccio et Monaco a été mis en place. Un paquet de joueurs extraordinaires a été prêté à l’AC Ajaccio ensuite : Dado Prso, Sébastien Squillaci, Grégory Lacombe…


Raconte nous ton arrivée à l’AC Ajaccio en 1997…
Je me souviendrai toujours de mon premier jour. Je sors du bateau avec ma voiture et je vois deux personnes sans casque qui m’attendent en scooter sur le port : Michel Moretti et Baptiste Gentili. Ils m’emmènent dans un bar pour discuter puis m’aident à monter mes bagages dans mon appartement. Là je réalise que je passe d’un grand club européen à un club amateur. Même s’il y avait beaucoup de charme et que l’ACA réalisait un parcours extraordinaire, c’était un choc terrible pour moi au début car à Monaco, nous étions pouponnés. Mais avec le recul, cet prêt a été un mal pour un bien. Ça m’a montré que la vie et le foot étaient difficiles. Ça m’a permis de me bouger et de forger mon caractère.


Quels ont été les mots de Michel Moretti pour te donner envie de te battre pour le maillot de l’AC Ajaccio ?
Il m’a dit que j’étais un super joueur technique mais que je manquais d’agressivité. La Corse, c’est une terre de football et il faut se battre pour son maillot. Il a toujours cru en moi tout comme Baptiste Gentili. Ils me disaient tout le temps, qu’un jour, j’allais retourner à Monaco. Je les remercie de m’avoir aidé et poussé dans les moments difficiles.


« Ce but en Ligue des Champions contre Galatasaray reste le meilleur moment de ma carrière. J’ai ressenti une joie indescriptible mais aussi un soulagement. C’était quelque chose que j’attendais depuis tout petit. Pour moi, c’était même l’aboutissement de ma carrière. J’ai réalisé mon rêve »


C’était comment d’être joueur de l’AC Ajaccio à la fin des années 90 en Ligue 2 ?
A l’époque, l’AC Ajaccio avait une équipe jeune. Le club était jeune également. Les installations commençaient à s’installer tranquillement. Depuis, beaucoup d’efforts ont été faits. Quand je suis revenu en 2003, deux terrains en pelouse étaient sortis de terre près du stade. Aujourd’hui, l’AC Ajaccio a des installations extraordinaires pour un club de Ligue 2. A l’époque, Ajaccio était aussi une équipe redoutée sur le terrain. Notre équipe jouait très, très bien au ballon. Je me souviens notamment de notre victoire à Troyes 4-0 alors que l’ESTAC était premier du championnat de Ligue 2 avec Alain Perrin. Baptiste Gentili a toujours su prôner un beau jeu. L’AC Ajaccio se trompait aussi rarement sur le recrutement. Ç’a fini par payer car le club est monté quelques années plus tard en Ligue 1.


Comment s’est déroulé ton retour à Monaco en 2000 ?
J’ai été prêté la première année en National à l’AC Ajaccio. Comme Monaco ne souhaitait pas me faire signer de contrat pro, j’ai signé trois ans à l’ACA. Je l’ai fait volontiers car je me sentais super bien au club. Après deux années en Ligue 2, il me restait un an de contrat. A l’époque, l’ACA n’avait pas beaucoup d’argent et a voulu en récupérer en me transférant. J’ai eu beaucoup de sollicitations. Il y avait Monaco. Pour moi, je n’allais pas jouer à l’ASM surtout que le club venait d’être champion de France (ndlr :en 2000). Il y avait un effectif de 36 pros. J’ai dit au président de l’AC Ajaccio : « Michel, laisse moi partir à Bastia ou à Strasbourg, ça sera plus facile pour moi de m’imposer là-bas ». Mais Michel Moretti a été ferme : « tu retournes à Monaco ». J’y suis donc retourné sur la pointe des pieds. Je pensais que j’allais jouer en CFA. Ça m’embêtait car je sortais de deux belles saisons en Ligue 2. Finalement quand j’ai retrouvé mes nouveaux coéquipiers monégasques (ndlr : il y avait eu beaucoup de départs suite au titre : Fabien Barthez, Sabri Lamouchi, David Trezeguet…) en stage en Suisse, je me suis rendu compte qu’ils n’étaient pas plus forts que moi. Je me suis accroché et Claude Puel m’a fait énormément confiance. D’ailleurs c’est lui qui a validé mon retour. Il voulait absolument que je revienne à Monaco. Je me suis imposé au fil des semaines mais malheureusement cette blessure a tout gâché en décembre 2000. Je me suis blessé tout seul à Strasbourg alors que je venais de faire une vingtaine de matchs plein avec l’ASM en Ligue 1 et en Ligue des Champions.


A l’époque, il y avait beaucoup de grands joueurs à Monaco. Lequel t’a le plus impressionné ?
Marco Simone et Marcelo Gallardo, c’était fantastique. Ce sont eux qui m’ont le plus impressionné. Marco, par son sens du but, sa gnaque et son expérience. Quant à Marcelo, ce petit bonhomme ne perdait pas un ballon. Il le mettait où il voulait. Sa grinta était impressionnante. Il y avait Rafael Marquez ou Eric Abidal aussi. Je me suis régalé pendant quelques mois à l’AS Monaco.


Lors de cette saison 2000/01, tu as notamment marqué un but en Ligue des Champions à Louis II contre Galatasaray (4-2 en phase de poules). Qu’est-ce que ça fait de marquer dans la plus grande compétition européenne ?
Pour moi la Ligue des Champions, c’était un rêve de gosse. Peut-être même plus que l’équipe de France ou la Coupe du Monde. Quand je l’ai jouée, ça m’a transcendé. Déjà, je voulais qu’on se rappelle de moi, c’est pour ça que je me suis rasé le crane (rires). Ce but en Ligue des Champions contre Galatasaray reste le meilleur moment de ma carrière. J’ai ressenti une joie indescriptible mais aussi un soulagement. C’était quelque chose que j’attendais depuis tout petit. Pour moi, c’était même l’aboutissement de ma carrière. J’ai réalisé mon rêve. Même si la blessure à mon genou m’a stoppé, peut-être qu’après ce but en C1, la motivation n’était plus la même. Durant cette Ligue des Champions, j’ai aussi été marqué par l’ambiance d’Ibrox Park (ndlr : le stade des Glasgow Rangers). Il y avait 50 000 Écossais qui poussaient leur équipe. Ça criait du début à la fin. C’était impossible de s’entendre sur le terrain. On a fini sur un match nul 2-2 qui a qualifié Sturm Graz et Galatasaray. J’ai d’ailleurs manqué une occasion à la dernière minute. Si je ne croise pas ma frappe, Monaco se qualifie pour le tour suivant. Mais aujourd’hui, je garde des bons souvenirs de ce match.

Pourquoi l’AS Monaco de la saison 2000/01 a-t-il été moins performant que celui de la saison 1999/00 ?
Quasiment huit joueurs de l’équipe-type sont partis à l’intersaison. Il a fallu réintégrer les nouveaux. Peut-être que le message de Claude Puel ne passait plus avec les cadres qui étaient restés. Après deux saisons avec Claude Puel, c’est usant car il y a beaucoup, beaucoup de physique. Même si je pense qu’il a beaucoup progressé tactiquement ces dernières années. Il fallait peut-être du changement sur le banc de Monaco et c’est ce qui s’est passé la saison suivante quand l’ASM a engagé Didier Deschamps.


Quels souvenirs gardes-tu de Didier Deschamps à Monaco ?
Quand il est arrivé, j’étais blessé. Il ne comptait pas du tout sur moi. Il en a informé mon agent d’abord. Ensuite, j’en ai parlé avec lui et il a été un peu évasif. Je n’ai pas trop accroché avec Didier Deschamps. Au tout début, il avait fait une croix sur pas mal de jeunes comme Pontus Farnerud, Dado Prso, Eric Abidal, John-Arne Riise. Il avait fait un loft avec des jeunes et pris beaucoup de joueurs d’expérience avec lesquels il avait joué : Vladimir Jugovic, Christian Panucci… Ça n’avait pas été une réussite. Mais à sa décharge, c’était sa première saison en tant qu’entraîneur. Il était encore jeune. Je pense que cette première expérience lui a servi pour la suite.


Tu as également joué à Troyes quelques mois…
Alain Perrin me voulait depuis ma période ajaccienne. Il m’appelait tout le temps pour que je le rejoigne. Lorsque j’ai récupéré de ma blessure de 14 mois, il m’a sollicité de nouveau car Didier Deschamps ne comptait toujours pas sur moi. J’avais 25 ans et pour moi le plus important était d’être sur le terrain, peu importe si c’était à Monaco ou Troyes. Dans le deal, je devais jouer la fin de la saison 2001/02 en CFA avec Troyes pour retrouver la forme et la Ligue 1 en 2002/03. Je lui avais aussi demandé de m’emmener dans ses bagages s’il partait à Marseille ou Lyon. Il m’avait dit : « oui, ok, pas de soucis ». Je pars donc à Troyes comme prévu pendant le mercato d’hiver. J’ai été échangé avec Jérôme Rothen car Didier Deschamps le voulait absolument. En juin 2002, Alain Perrin signe à l’OM mais finalement il me dit que c’est compliqué car je sors d’un an et demi sans jouer et que les supporters marseillais veulent des noms. Mais il me dit que Claude Puel et Lille vont me contacter pour m’engager. C’est comme ça que j’ai signé 4 ans au LOSC.


Après quatorze mois sans jouer au haut niveau, comment as-tu appréhendé tes débuts à Lille ?
J’ai joué dès mon arrivée en Coupe Intertoto. J’ai d’ailleurs marqué contre Aston Villa en demi-finale et en finale contre Stuttgart. J’ai réalisé un très bon début de championnat. Mais malheureusement, la mayonnaise n’a pas pris à Lille avec Claude Puel au départ. On a eu beaucoup de difficultés en championnat. En novembre, l’équipe a eu un trou et ç’a clashé avec Claude Puel à ce moment-là. Il ne m’a plus trop fait jouer sur la deuxième partie de saison. A ce moment-là, ma femme souffrait d’être loin de la Corse et j’ai donc été prêté à l’AC Ajaccio. J’ai fait une très bonne saison même si on a joué le maintien. La saison d’après, je suis revenu à Lille, mais j’étais toujours en conflit avec Claude Puel. J’ai résilié pour finir la saison avec l’ACA.


« Je trouve qu’il y a beaucoup de talents en Corse. Malheureusement ces talents ne sont pas assez exploités et c’est un gâchis. Si je peux aider un gamin qui a du talent, je le ferais avec plaisir. Il ne faut pas attendre de voir Kylian Mbappé exploser à 18 ans pour donner la chance aux jeunes »


Pourquoi as-tu eu un clash avec Claude Puel ?
Quand je suis arrivé à Lille, j’étais un peu la recrue phare. Quand ça allait moins bien, j’ai été pris en grippe par les supporters. Peut-être que je n’étais pas non plus à la hauteur des attentes de Claude Puel. Je suis entré en conflit avec lui car je n’étais pas d’accord avec le traitement qu’il m’infligeait. Je trouvais qu’il était plus dur avec moi qu’avec les autres joueurs. J’ai aimé les gens à Lille, j’ai eu de très bonnes relations avec le président Seydoux mais comme je voulais retourner en Corse, j’ai tourné la page du LOSC.


Parle-nous de ta dernière expérience à Reims ?
A la fin de mon contrat à l’AC Ajaccio, je n’ai pas prolongé car je voulais connaître une aventure à l’étranger à 28 ans. Mais cette offre n’est pas arrivée. C’est à ce moment-là que Reims m’a recruté. Le club était en Ligue 2 et avait un beau projet. J’ai signé 2 ans et franchement je ne regrette pas. J’ai passé deux superbes années avec un président adorable. J’ai aussi adoré Olivier Letang. Lui et le président Caillot sont des gens humbles et respectueux tout en ayant leur franc-parler. Avec les joueurs aussi c’était top. On a loupé de peu la montée et on a joué une demi-finale de Coupe de la Ligue en 2007. Nous avions une très bonne équipe avec Cédric Fauré en pointe. Pour moi, la place de Reims est en Ligue 1. Après avoir loupé le coche, je ne me sentais pas de repartir en Ligue 2. Mon genou me faisait aussi souffrir. J’ai donc préféré mettre un terme à ma carrière.


Enfin souhaites-tu ajouter quelque chose ?
La formation des jeunes me tient à cœur. Je trouve qu’il y a beaucoup de talents en Corse. Malheureusement ces talents ne sont pas assez exploités et c’est un gâchis. Si je peux aider un gamin qui a du talent, je le ferais avec plaisir. Il ne faut pas attendre de voir Kylian Mbappé exploser à 18 ans pour donner la chance aux jeunes. Même à mon niveau, il y a quelques jeunes qui auraient pu intégrer un centre de formation ou jouer en Ligue 2 sans problèmes. Malheureusement nous à Porto-Vecchio, on est un peu isolés. Les clubs corses n’ont pas beaucoup de moyens pour leurs centres de formation. C’est dommage car même s’il n’y a que 350 000 habitants, la Corse est vraiment une terre de football.

Propos recueillis par Clément Lemaître

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