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Actuellement entraîneur des U19 Nationaux à Thonon après une dernière expérience à l’ETG en tant que joueur, Nicolas Goussé te fait replonger dans le foot des années 90-2000 : du Stade Rennais de Michel Le Milinaire à Croix de Savoie en passant par le FC Metz de Carlo Molinari, l’ESTAC et sa fantastique épopée européenne, ses années compliquées à Guingamp et Istres puis sa saison à Nantes au début de l’ère Kita. Interview avec un ex-goleador de L1 qui ne s’était jamais imaginé joueur de foot professionnel pendant son enfance.

 

Nicolas Goussé que deviens-tu depuis la fin de ta carrière pro ?
Je suis entraîneur des U19 Nationaux à Thonon depuis deux ans. Depuis la descente aux enfers de l’ETG, le club a été recréé. Avec les difficultés rencontrées, on a perdu beaucoup de joueurs. Chaque année l’objectif est le maintien et nous avons réussi cet objectif la saison passée. J’espère que nous y arriverons aussi cette saison. Nous avons uniquement des joueurs locaux. Quant à l’équipe seniors, elle vient d’être recréée et évolue en Division d’Honneur Régionale.


Avec l’expérience acquise en pro, quels sont les meilleurs conseils que tu pourrais donner aux jeunes joueurs qui souhaitent devenir pro ?
La réussite passe par le travail à l’entraînement. C’est ce que je leur dis à chaque fois. C’est vrai que c’est une phrase un peu bateau mais c’est la vérité : on joue comme on s’entraîne. Si tu ne bosses pas à l’entraînement, tu n’y arriveras pas en match et tu ne sortiras pas forcément du lot. Je leur dis aussi de ne pas oublier d’où ils viennent. Moi j’ai eu la chance de devenir professionnel sans passer par un centre de formation. Je leur fais partager mon parcours atypique.


Comment as-tu réussi à intégrer le monde du foot professionnel justement ?
Jusqu’à 18 ans, j’étais dans mon club de village : Mauzé-Thouarsais qui évoluait en première division de district. A l’époque, Thouars qui était en National m’a contacté pour évoluer avec l’équipe réserve. J’y suis allé mais j’avais du mal à quitter mes potes. J’étais un gamin du village et j’étais ancré dans mon club. Mes potes m’ont conseillé de tenter l’expérience. Puis lors d’un tour de Coupe de France, il y avait des suspendus et des blessés dans l’équipe première et l’entraîneur avait fait appel aux jeunes. A l’époque je marquais pas mal de buts en réserve. Du coup, j’ai marqué un doublé en Coupe de France contre Vannes. Patrick Rampillon, le directeur du centre de formation du Stade Rennais, était dans les tribunes ce jour-là. Il m’a vu et m’a demandé de venir faire un essai de deux-trois jours à Rennes.


« Je n’ai jamais pensé devenir joueur de football professionnel. Jamais de la vie »


Comment s’est déroulé ton essai au Stade Rennais ?
Après mon essai, Rennes m’a proposé de signer stagiaire-pro pendant deux ans. J’ai été agréablement surpris et j’ai même hésité à y aller. Mais j’ai été poussé par ma famille et mes potes. Je me souviens avoir été bouché bée devant les pros. Il y avait quand même Sylvain Wiltord, Pierre-Yves André, Marco Grassi. A l’époque, c’était Michel Le Milinaire l’entraîneur. Je suis arrivé comme un « enfant » avec les yeux émerveillés par ce qui se passait. J’ai profité de chaque instant. Puis à la fin des trois jours, les dirigeants m’ont convoqué dans leur bureau et m’ont dit : « tu as certaines qualités qui nous intéressent ». Du coup c’est parti comme ça et j’ai pris un appart à Rennes. C’était un grand changement car à Thouars j’étais étudiant (ndlr : Nicolas Goussé était en STAPS), je faisais un entraînement par semaine et je suis passé à deux entraînements par jour. Ça m’a fait tout drôle, j’ai arrêté les études dès le mois de décembre car je ne pouvais faire les deux en même temps. La première année, je jouais en réserve en CFA (l’actuelle Nationale 2) et j’ai claqué une quinzaine de buts. Puis Rennes m’a fait signer pro dès la première année. Et là Paul Le Guen est arrivé et tout s’est enchaîné.


Comment as-tu digéré cette ascension express dans le foot professionnel ?
Je ne sais pas, je ne me suis pas posé de question tout simplement. Pour moi tout ce que je vivais, c’était du bonus. Je n’ai jamais pensé devenir joueur de football professionnel. C’est sûr. Jamais de la vie. Quand j’étais jeune, mon oncle voulait me payer sport-études à Niort mais je ne voulais même pas partir de chez moi. Je pense aussi avoir réussi cette ascension grâce au travail. Sur le terrain, je ne me suis jamais caché, j’ai toujours travaillé pour l’équipe. Peut-être que ça m’a desservi aussi car parfois je perdais de la lucidité devant le but. Sur le terrain, je donnais tout physiquement. C’est ce que je dis à mes joueurs maintenant : « si tu n’aimes pas courir, tu ne peux pas jouer au football ». Au départ, j’avais moins de qualités que d’autres mais je me suis accroché. Je m’entraînais chaque jour comme si c’était un match. A chaque séance, j’étais épuisé, mort. En plus j’étais frêle, je n’avais jamais fait de muscu. Après les entraînements, je faisais des siestes de deux-trois heures. Mentalement il fallait être costaud aussi car ce n’était pas évident d’être loin de sa famille à cet âge-là (ndlr : 20 ans).


Quels joueurs t’ont le plus impressionné à Rennes ?
Stéphane Guivarc’h. C’était un tueur devant le but, il avait une grosse frappe de balle et avait fini meilleur buteur du championnat en marquant 22 buts en 1996/97. Il y avait aussi Sylvain Wiltord qui était très doué techniquement, il était vraiment à l’aise. Il y avait plein d’autres joueurs comme Christophe Le Roux ou Dominique Arribagé.


« Alain Perrin était le Guy Roux de Troyes. Il était président, entraîneur, c’est lui qui faisait signer les contrats »


Qu’as-tu ressenti en marquant ton premier but à Bordeaux lors de la saison 1997/98 ?
Forcément j’étais content mais j’étais encore plus fier pour mon entourage. Quand Guy David a dit que j’allais être titulaire pendant la causerie je me suis dit « ouahhh » (rires). Puis après sur le terrain je n’ai pas forcément réfléchi. J’ai joué comme si j’étais à l’entraînement avec plus de pression. Même si je n’en menais pas large avant le match (rires).


Quels sont tes meilleurs souvenirs à Rennes ?
Les débuts forcément. Jouer dans un stade plein avec des supporters, une grosse ambiance, je n’avais pas l’habitude. Du coup, tu as envie de te dépasser. La première saison en pro, je finis meilleur buteur du club avec 9 buts et Rennes se maintient à la dernière journée contre Toulouse. Pour un mec qui venait de nulle part, j’étais assez fier. Après je n’oublie pas le plaisir que j’ai pris en jouant en CFA, c’était un passage obligé. Ce que je retiendrai dans ma carrière, ce sont les rencontres. Au début Michel Le Milinaire à Rennes avec ses cheveux un peu longs derrière, il avait été le coach emblématique de Laval. Tu te retrouves là et c’est ton entraîneur. Après à Metz, j’ai rencontré le président Molinari qui est quelqu’un d’extraordinaire. C’est une figure du foot. A Troyes, c’était Alain Perrin. C’était le Guy Roux de Troyes. Il était président, entraîneur, c’est lui qui faisait signer les contrats. Il y a aussi les joueurs que j’ai rencontrés. Tout ça, ça marque.


Peux-tu nous dire un mot sur ta saison à Metz en 1999/00. Pourquoi tu pars de Rennes et pourquoi ça se passe moyennement pour toi ?
Je pars à Metz car j’ai moins joué lors de ma dernière saison à Rennes. Lors de cette saison avec Paul Le Guen, j’avais fait 17 matchs titulaire et 17 matchs remplaçant. Du coup, Metz m’a contacté. Lens s’était aussi renseigné. Je suis parti à Metz qui avait terminé deuxième en 1998. C’était mon premier transfert, d’une valeur de 15 millions de francs, soit environ moins de 3 millions d’euros. Quand on a une somme au dessus de sa tête, on se met un peu plus de pression car l’attente est plus forte. A Metz, je suis parti encore plus loin de ma famille. De 2 heures de route à Rennes, je suis parti à l’autre bout de la France. Au début à Metz, j’étais un peu tout seul donc ce n’était pas évident. Je suis aussi arrivé dans un groupe très, très expérimenté : Kastendeuch, Gaillot, Boffin, des mecs qui avaient la trentaine. J’ai joué au départ, j’ai marqué un but lors des dix premiers matchs et quand tu es attaquant ce n’est pas assez. Après tu deviens remplaçant, après tu sors du groupe et après tu joues en réserve. Ça m’a fait grandir pour la suite de ma carrière.


« A Saint-James Park, ça tremblait de partout. Je m’en rappellerai toujours »


Comment arrives-tu à Troyes en 2000 ?
Je devais partir à Troyes lors du mercato d’hiver précédent car on comptait un peu moins sur moi à Metz. Troyes s’est renseigné à ce moment-là. Je me souviens avoir fait mes valises car je voulais y aller. Mais à l’époque, un règlement m’avait empêché de partir. Alain Perrin a relancé le dossier en juin 2000. J’ai signé 3 ans à Troyes. C’était un club tout neuf en Ligue 1. Quand je suis arrivé à l’hôtel, j’ai eu un bon feeling avec les nouveaux joueurs : Fabio Celestini, Jérôme Rothen, Patrice Loko. J’ai senti un groupe qui vivait bien. Troyes avait fini septième du championnat, c’était beau vu le budget qu’on avait à l’époque. Pour ma part, après avoir passé une saison quasi-blanche à Metz, je me suis bougé le cul pour pouvoir jouer la saison suivante. Je pense qu’Alain Perrin a aimé mon abnégation. Puis j’ai enchaîné les buts : neuf la première année, quinze la deuxième.


Comment expliques-tu ta saison 2001/02 très aboutie avec quinze buts inscrits en Ligue 1 ?
Déjà la Coupe Intertoto m’avait mis en confiance car j’avais marqué une dizaine de buts. Puis j’ai enchaîné en championnat. Je réfléchissais moins, j’étais plus relâché et ça rentrait donc plus facilement.


Justement tu marques le deuxième but de Troyes à Newcastle (4-4) en 2001. Comment as-tu vécu ce match historique pour l’ESTAC ?
C’était un match de fou. Nous ne connaissions pas les ambiances comme ça. A Saint-James Park, ça tremblait de partout. Je m’en rappellerai toujours. En plus, Newcastle ouvre le score rapidement. Je me suis dit : « putain, on va vivre un enfer ». Puis après ça bascule grâce à Mehdi Leroy sur coup-franc, je marque et Samuel Boutal marque deux fois derrière. On mène 4-1. Jusqu’à la dernière seconde on a tremblé car ils sont revenus à 4-4. On s’est qualifiés car on avait fait 0-0 à Troyes. Tout ça, ce sont des bons moments. Qui aurait pu penser que Troyes éliminerait Newcastle en Coupe d’Europe ?


« Je devais aller à Auxerre en 2003, j’avais rencontré Guy Roux. Jacky Bonnevay qui venait de remplacer Alain Perrin à Troyes m’avait dit : »tant que je serai là, tu ne partiras pas »»


Il y a aussi ces deux matchs de Coupe d’Europe contre Leeds qui sont rentrés dans l’histoire de Troyes, malgré l’élimination…
A Leeds, c’était compliqué. On a perdu 4-2. J’étais malade lors du match aller, j’avais 39 de fièvre. Alain Perrin m’a dit « tu joues et on verra bien ». Je suis sorti rapidement car je n’étais pas bien. Au match retour, on gagne 3-1 à Troyes. Il nous manque un but pour passer. L’engagement de ces deux matchs m’a marqué. Surtout chez eux. Leur milieu de terrain, c’était fort avec Dacourt, Kewell, Viduka. Je me souviens aussi de Ian Harte, l’arrière gauche. C’était deux vrais matchs anglais avec des supporters qui poussent. Le public troyen a été servi avec des affiches comme ça. Le Stade de l’Aube nous avait portés lors de match-là mais aussi contre le PSG quand on avait gagné 5-3. Nous avions été frustrés par cette élimination en Coupe d’Europe mais c’était quand même le demi-finaliste de la dernière édition de la Ligue des Champions en face de nous. Malheureusement Troyes est descendu en Ligue 2 lors de la saison suivante en 2002/03.


Pourquoi d’après toi ?
Il y a eu plein de choses. A l’été 2002, Troyes a rejoué la Coupe Intertoto. En demi-finale, on bat Villarreal et on se qualifie pour la finale face à Las Palmas. Mais cette finale, on ne la joue même pas car on a fait jouer David Vairelles qui n’était pas qualifié pour cette rencontre. Du coup, on est éliminé de la Coupe Intertoto. C’est parti d’ici. Nous, les joueurs, étions dégoûtés car on avait fait ce qu’il fallait sur le terrain. C’était une erreur grossière. Tu dois quand même te renseigner si tu as des joueurs suspendus. Ça a plombé notre début de saison. Puis après ça s’est mal enchaîné. Moi je devais aller à Auxerre en 2003, j’avais rencontré Guy Roux. Jacky Bonnevay qui venait de remplacer Alain Perrin m’avait dit : « tant que je serai là, tu ne partiras pas ». Inconsciemment ça a joué. Je n’étais pas bien lors des trois premiers mois.


Lors de cette saison 2002/03, Benjamin Nivet était titulaire à Troyes. Il l’est toujours 15 ans après. Que penses-tu de sa carrière ?
C’était mon collègue de chambre (rires). Il est arrivé à Troyes sur la pointe des pieds mais on sentait que c’était un joueur très technique qui voyait très vite et qui faisait jouer les autres. Il était déjà sérieux. Je suis admiratif par rapport au fait qu’il joue encore au foot en Ligue 1 à bientôt 41 ans. Après il est dans une équipe qui prône le beau jeu. Pouvoir durer comme ça et avoir toujours l’envie notamment avec les mises au vert, c’est impressionnant. En plus il marque des buts et donne encore des passes décisives. Je suis content pour lui car c’est un super mec et un passionné de foot.


« Depuis le début de ma carrière, Nantes était dans un coin de ma tête. Ça me faisait rêver et je n’ai pas été déçu »


Après Troyes, tu as joué une saison à Guingamp en 2003/04…
C’était difficile. J’ai été recruté par Bertrand Marchand, l’ex-entraîneur de Guingamp. La saison passée, Guingamp avait fait une belle saison et terminé septième de Ligue 1. Il y avait Didier Drogba. C’était difficile de le remplacer. Cependant, je ne fais pas un mauvais début de saison. Quand on m’écarte de l’équipe début décembre, j’avais quatre buts au compteur. Je n’ai pas compris en plus j’avais connu Bertrand Marchand à Thouars. Mais je pense qu’il y a eu des pressions au dessus. J’ai été, entre guillemets, viré du groupe. Je n’ai pratiquement plus rejoué avec l’équipe première, on m’a fait jouer en réserve. Je n’ai pas compris car il n’y avait pas que moi qui ne marquait pas.


Après une saison à Mons en Belgique en 2004/05, tu signes à Istres qui venait d’être relégué en Ligue 2…
J’ai joué cette première saison avec Jean-Louis Gasset et j’ai été victime d’une pubalgie à la trêve. Je me suis fait ça à Amiens sur une passe basique. En tout, ça a duré 10 mois. Je n’arrivais plus à monter les escaliers, c’était une horreur. Forcément quand on est arrêté 10 mois c’est compliqué. Par contre, j’ai vécu de super moments avec le coach. C’est vraiment quelqu’un d’extra, un bon chambreur, il est très humain. Il m’a marqué. Il avait connu le haut niveau à l’Espanyol Barcelone avec Luis Fernandez. Il m’a beaucoup apporté sur le plan offensif. Après la deuxième saison à Istres, je me suis retrouvé quinze jours au chômage à l’été 2007 avec l’UNFP. Tout le monde tirait dans le même sens, c’était une expérience enrichissante. Puis j’ai eu la chance de rebondir à Nantes grâce à Xavier Gravelaine que j’avais connu à Istres. Jouer à Nantes, un club à une heure de chez moi, je ne pouvais pas rêver mieux. Depuis le début de ma carrière, Nantes était dans un coin de ma tête. Ça me faisait rêver et je n’ai pas été déçu. D’abord par rapport aux infrastructures. Je n’avais jamais vu ça.


Quand tu es arrivé à Nantes en 2007, as-tu ressenti une grosse pression pour faire remonter directement le club en Ligue 1 ?
Ah oui direct. Il y avait dix journalistes après chaque entraînement. L’équipe était attendue au tournant mais pas moi en quelque sorte car j’étais sans club en début de saison. J’avais tout à gagner. Au fil des matchs amicaux, j’ai gagné ma place. Puis le coach Michel Der Zakarian m’a mis titulaire pour le premier match de la saison face à Reims (5-0). Je mets trois buts lors de ce match à la Beaujoire. J’étais fier car après ma pubalgie à Istres, j’ai souffert, je me suis accroché. Au final, je finis meilleur buteur du club à la fin de la saison avec 10 buts. Je prolonge de deux ans à l’intersaison et malgré tout on ne compte plus sur moi.


« Quand on a vu le recrutement en attaque à Nantes lors du retour en L1 en 2008 et ce que ça a donné, sans me mettre en avant, je pense que j’aurais pu apporter quelque chose »


Pourquoi on n’a pas compté sur toi à Nantes en Ligue 1 alors que tu avais fini meilleur buteur du club lors de la précédente saison ?
Je pense que c’était la volonté des dirigeants au dessus, enfin de Waldemar Kita tout simplement. Je lui avais dit : « je suis surpris, vous avez prolongé mon contrat en février, je finis meilleur buteur du club et en juin vous me dites que vous ne voulez pas que j’aille au stage d’avant-saison ». Je n’ai pas compris. Quand on a vu le recrutement en attaque et ce que ça a donné, sans me mettre en avant, je pense que j’aurais pu apporter quelque chose. Du jour au lendemain tu es banni du groupe et tu ne sais pas pourquoi. J’ai eu du mal à l’admettre. Quand j’ai prolongé de deux ans, je pensais vraiment finir ma carrière là-bas.


Comment as-tu vécu le foot à Nantes ?
Pour moi Nantes, c’était la philosophie de jeu. Quand j’étais jeune, je supportais Nantes car c’était la ville la plus proche de chez moi. Pour moi le foot, c’est le jeu pratiqué par Nantes lors de la saison 94/95. Puis jouer à la Beaujoire, c’était top. Lors de mon premier match avec Nantes en Ligue 2, il y avait 35 000 personnes. Ça veut dire que les Nantais sont passionnés. D’ailleurs, il y avait eu environ 25 000 spectateurs de moyenne cette saison-là. Les Nantais aiment le foot et connaissent le foot. Parfois quand on gagnait des matchs sans la manière, on nous disait que l’équipe avait perdu le jeu à la nantaise. Mais ce n’était pas évident, ils avaient mis la barre tellement haute durant ces années-là.


Enfin, peux-tu nous dire un petit mot sur ta fin de carrière à Evian Thonon Gaillard…
Quand Élie Baup a remplacé Michel Der Zakarian après trois matchs de Ligue 1 en août 2008, il m’a dit clairement « je ne compte pas sur toi » sans même me voir à l’entraînement. Durant ma carrière, Bordeaux est le club contre lequel j’ai marqué le plus de buts en Ligue 1 et lui était le coach des Girondins à ce moment-là. Je me suis dit « il n’a pas du se souvenir de moi ». Mais je pense que ça venait d’ailleurs. Du coup des clubs de Ligue 2 m’ont appelé et notamment Montpellier par l’intermédiaire de Rolland Courbis. Mais moi, je voulais vraiment m’imposer à Nantes. Mais au fil des semaines, j’ai vu que je restais toujours en réserve. C’est alors que j’ai reçu un coup de fil de Patrick Trotignon et Franck Riboud, le PDG de Danone, ils m’ont parlé de leur projet. Ils m’ont dit : « nous, on est Croix de Savoie, on évolue en National et on a le projet de faire monter le club au minimum en Ligue 2, nous cherchons des joueurs d’expérience et tu serais le premier joueur à intégrer ce projet ». Du coup on a aussi parlé de reconversion comme j’avais 33 ans à l’époque. C’est parti de là et je suis arrivé en janvier 2009. La première année, on n’a pas réussi à monter mais on a finalement décroché notre ticket pour la Ligue 2 la saison suivante. D’autres joueurs nous avaient rejoints comme Cédric Barbosa ou Bertrand Laquait. D’ailleurs, certains joueurs m’avaient dit « si tu n’étais pas au club, peut-être que nous n’aurions pas signé ».


Enfin, souhaites-tu ajouter quelque chose ?
Sans mon entourage, je n’aurais peut-être pas fait la carrière que j’ai faite. Il faut parfois supporter les humeurs. Ma femme, ma famille et mes amis ont joué un rôle important dans ma carrière.


Propos recueillis par Clément Lemaître