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Après 17 ans de foot professionnel, Sébastien Dallet a créé son complexe de foot en salle dans l’agglomération troyenne. Aujourd’hui, l’ex-ailier n’a pas oublié les moments phares de sa carrière : ses débuts à Orléans, son intégration au RC Lens, sa saison fantastique à Guingamp où on le surnommait « le lutin du Roudourou », ses années à Sochaux et Créteil mais aussi sa fin de carrière à Troyes où il a côtoyé un certain Blaise Matuidi. Retour dans le foot d’avant, une époque où le respect des anciens était primordial. Entretien sincère avec Sébastien Dallet.


Sébastien Dallet, que deviens-tu depuis la fin de ta carrière professionnelle ?
Après le foot, j’ai été deux ans au chômage. J’en ai profité pour passer mes diplômes d’entraîneur et effectuer quelques formations. Je suis titulaire du DEF aujourd’hui. Ensuite j’ai créé un complexe de foot en salle qui a ouvert le 29 septembre 2011, soit quatre ans après la fin de ma carrière. Avant cette ouverture, j’ai fait des petits boulots à droite et à gauche. J’ai fait les trois huit dans une usine de pommes de terre puis j’ai vendu des téléphones chez un opérateur téléphonique en attendant que mon projet se monte. Je suis heureux d’avoir lancé mon projet qui s’appelle Foot 3 Indoor. C’est à Lavau dans l’agglomération troyenne.


Tu dis que tu as fait les trois huit après ta carrière. Ce n’est pas trop difficile de passer de joueur de foot professionnel, un milieu favorisé, à la vie réelle ?

Non. Je suis rentré dans cette usine de pommes de terre grâce à un pote. C’était volontaire car je savais que ça n’allait pas durer longtemps. Quand tu es footballeur, tu es dans un cocon, alors le meilleur moyen de revenir dans la vie réelle était d’aller à l’usine, au charbon. C’était d’ailleurs mon tempérament pendant ma carrière de footballeur. Je suis resté dans cette usine six mois. Je ne te cache pas que je ne souhaitais pas faire ce job toute ma vie. Mais c’était une bonne expérience car je savais que j’allais ouvrir mon entreprise. Ensuite, on m’a proposé un poste de vendeur de téléphones et cela m’a permis d’être au contact des clients. Ces expériences ont été bénéfiques avant l’ouverture de mon complexe de foot en salle.


Tu as fini ta carrière à Troyes. Que penses-tu de la saison actuelle de l’ESTAC ?
C’est une saison compliquée. J’aurais préféré être à la place d’Amiens qui, aujourd’hui, a presque assuré son maintien. L’ESTAC va devoir galérer jusqu’à la fin de saison. Cependant, on n’a jamais senti l’ESTAC aussi proche de se maintenir en Ligue 1. Le dernier maintien, c’était notre génération en 2005/06. Mais je crois au maintien de Troyes. En croisant les calendriers des différentes équipes qui vont jouer le maintien, on se rend compte que ça va être compliqué pour tout le monde. Troyes semble avoir un calendrier plus compliqué que les autres. Mais avec les valeurs qu’ils ont montrées depuis le début de saison et l’an passé lors des barrages, il y a moyen de prendre encore quelques points.


« Quand je suis arrivé dans le tribunes de Bollaert, je me suis dit : « c’est mort, je signe ici, c’est sûr et certain » »


Benjamin Nivet jouait déjà à Troyes quand tu étais encore joueur de l’ESTAC. Qu’est-ce que ça te fait de le voir perdurer au plus haut niveau ?
C’est un ami Benjamin, on a l’occasion de se voir pour échanger. Pour durer comme il le fait, il faut être très attentif par rapport à la récupération. Pendant toute sa carrière, il a été très intelligent par rapport à son hygiène de vie. Ce qu’il réussit, il le mérite car c’est un joueur exceptionnel qui aurait pu jouer un jour dans un grand club. Bravo à lui car il fait une grande et longue carrière.


Revenons à tes débuts Sébastien. Comment as-tu atterri au RC Lens en 1992 après quelques matchs en L2 à Orléans ?
J’ai commencé à Bourges, ma ville natale, et j’ai effectué les sélections de jeunes. Suite à ces sélections, j’ai été recruté par Orléans. C’était bien pour moi et mes parents car ce n’était pas très loin de Bourges. J’ai donc fini ma formation à Orléans et tout a été très vite. Quand j’évoluais en junior, l’entraîneur de l’équipe première qui jouait en D2 a fait appel à moi car il y avait plein de blessés. J’ai débuté en tant que remplaçant à Dunkerque. On perd 1-0, l’entraîneur me fait entrer à un quart d’heure de la fin et j’égalise. J’avais 17 ans. Après, je n’ai plus quitté le groupe. J’ai marqué trois buts en quinze matchs. Puis à la fin de la saison, Orléans a été liquidé. Au même titre que Brest et Tours cette saison-là. Du coup, j’avais plein de clubs de L1 qui me voulaient. A Orléans, j’ai joué avec Henri Zambelli, qui est devenu agent. Quand tous les agents sont arrivés vers moi, j’ai pris celui que je connaissais. Je lui ai dit que je voulais jouer dans le Sud…et il m’a fait signer à Lens (rires).


Qu’est-ce que tu as ressenti quand tu as signé au RC Lens ?
Avant ma signature, j’ai été invité à Lens pour voir un match de Ligue 1. Avant d’y aller, je me posais beaucoup de questions car je voulais vraiment jouer dans le Sud. Puis quand je suis arrivé dans le tribunes de Bollaert, je me suis dit : « c’est mort, je signe ici, c’est sûr et certain ». Il y a une ambiance que tu retrouves nulle part ailleurs. J’ai passé six ans à Lens, et beaucoup de mes meilleurs amis vivent là-bas. J’adore la simplicité que j’ai trouvée chez les supporters lensois et cet enthousiasme qu’il y a autour du RC Lens. Cette ferveur à Lens, c’est juste exceptionnel quand tu es un joueur de foot. Quand tu joues à Bollaert, tu ne marches pas, tu ne cours pas, tu voles au-dessus de la pelouse.


« Moi à Lens, je jouais milieu droit et mon arrière droit était Eric Sikora. Mon capitaine était Jean-Guy Wallemme. Quand tu perdais un ballon dans ton camp, tu te faisais défoncer. Et on ne pouvait que les écouter car ces joueurs avaient quelques matchs derrière eux »


Raconte nous l’accueil des supporters lensois…
Comme j’étais jeune, j’étais un peu leur chouchou. Je suis issu d’une famille ouvrière donc à Lens j’ai retrouvé les mêmes valeurs que chez moi. J’ai été accepté et adopté par les Lensois, par les gens du Pas-de-Calais. A Lens, j’étais comme chez moi tout simplement. Partout où je suis passé, j’ai toujours été proche des supporters.


A ton arrivée, il y avait beaucoup de joueurs lensois emblématiques comme Eric Sikora ou Jean-Guy Wallemme. Quel joueur t’a le plus appris à Lens ?
A l’époque, nous étions plusieurs jeunes dont Philippe Brunel, Wagneau Eloi, Wilson Oruma ou moi à s’habiller dans le vestiaire d’à côté. Quand nous étions habillés, nous devions cogner à la porte du vestiaire des pros et tant qu’on ne nous avait pas dit « entrez », on ne pouvait pas rentrer. Là, on fait le tour de tout le vestiaire, on serre la main de tout le monde et on demande éventuellement si on peut s’asseoir à tel endroit. Si le pro te dit non, tu restes debout comme un con et tu attends que l’entraîneur arrive et c’est tout. Les bases étaient posées dès le départ. Après sur le terrain, il n’y avait plus de différence. En revanche, si tu faisais une erreur, tu te faisais massacrer. Moi je jouais milieu droit et mon arrière droit était Eric Sikora. Mon capitaine était Jean-Guy Wallemme. Quand tu perdais un ballon dans ton camp, tu te faisais défoncer. Et on ne pouvait que les écouter car ces joueurs avaient quelques matchs derrière eux. Puis tu n’avais rien à dire, c’était le respect de l’ancien tout simplement. Et quand tu ne jouais pas, tu encourageais tes partenaires sur le banc.


Tu as été marqué par Eric Sikora…
Oui, lui et tout le groupe m’ont marqué. C’était mon arrière droit donc j’étais obligé d’avoir une forte complicité avec lui. Quand je faisais appel-contre appel, le ballon arrivait tout de suite dans mes pieds. Puis quand le match se terminait par une victoire, c’était le premier à te féliciter. On s’apprécie énormément aujourd’hui avec Eric. Après il y avait aussi Jean-Guy Wallemme, l’emblème de Lens, Guillaume Warmuz dans les buts, Fréderic Meyrieu qui te faisait des ouvertures millimétrées, Frédéric Dehu, Jean-Marc Adjovi-Bocco, Roger Boli, François OmamBiyik, Pierre Laigle, Christophe Delmotte, Robbie Slater ou Mustapha El-Haddaoui. L’équipe de Lens était exceptionnelle. Il y avait du très, très lourd.


« A Guingamp, il y avait une ambiance de dingue avec le kop rouge et noir. J’ai été adopté tout de suite, on m’appelait le lutin du Roudourou. Je faisais des dribbles de tous les côtés »


Quel est ton plus beau souvenir à Lens ?
Il y a notamment mon deuxième but inscrit avec Lens. C’était face à Rennes à Bollaert. Fréderic Meyrieu me met un superbe ballon, je contrôle, je fais un passement de jambes, j’élimine l’arrière gauche, je rentre dans l’axe et j’enroule mon ballon dans la lucarne avec mon pied gauche. Je m’en souviendrai. Derrière je pars voir le kop et dans les bras de Marc-Vivien Foé. Ça restera un souvenir exceptionnel. Puis il y a aussi cette demi-finale de Coupe de France perdue face à Montpellier (0-2) à domicile. Malgré la défaite, j’avais fait un très bon match et cela reste malgré tout un bon souvenir.


Pourquoi as-tu été prêté à Guingamp en 1995 ?
Je ne jouais plus trop à ce moment-là et pendant l’été, Lens avait fait venir quelques recrues comme Mickael Debève. Avec l’armée au Bataillon de Joinville, j’ai vécu une saison assez compliquée. Je n’étais pas très fan du service militaire. Du coup, Lens me prête pour que j’ai plus de temps de jeu. Philippe Brunel était dans le même cas que moi car il a été prêté à Gueugnon lors de cette même saison. Avec Guingamp, j’ai vécu des choses extraordinaires. C’est l’une de mes plus belles saisons en pro. J’ai marqué un but mais j’ai dû toucher quinze fois le poteau pendant la saison. Ça ne voulait pas rentrer mais on avait une superbe équipe. C’était la première saison de l’histoire de Guingamp en Ligue 1. Nous avons terminé dixièmes du championnat et demi-finaliste de la Coupe de la Ligue. Pour une première dans l’élite, on fait une saison de dingue. Et on se qualifie pour la Coupe Intertoto. A Guingamp, j’ai connu Francis Smerecki, un entraîneur exceptionnel. Au Roudourou, il y avait une ambiance de dingue avec le kop rouge et noir. J’ai été adopté tout de suite, on m’appelait le lutin du Roudourou. Je faisais des dribbles de tous les côtés. Il y avait aussi Stéphane Carnot, Xavier Gravelaine, Charles-Edouard Coridon, Coco Michel, Vincent Candela, Nicolas Laspalles dans l’équipe. J’ai pris un plaisir immense. A l’issue de la saison, Noël Le Graët et Francis Smerecki voulaient me racheter à Lens mais Gervais Martel n’était pas d’accord.


Dans une précédente interview sur Foot d’Avant, Daniel Moreira disait que des supporters de Guingamp étaient très proches de lui, certains lui offraient même des pommes de terre avant les matchs. De ton côté, quel était ton rapport avec les supporters guingampais ?
Identique. Les supporters de Guingamp attendent un tout petit peu avant de t’accueillir, mais une fois que tu es adopté, tu es définitivement adopté. A Lens, tu étais adopté direct. Les supporters lensois ne se méfiaient pas, ils te donnaient tout, tout de suite. C’est une petite ville Guingamp, donc il y a un état d’esprit de dingue. Quand tu vois ce que fait Guingamp depuis des années, c’est extraordinaire. Je ne suis pas surpris. J’ai eu l’occasion d’y retourner il y a un ou deux ans, on sent que le club évolue dans la continuité. Ce club a des valeurs et dès que tu arrives dans ce club, tu sais ce que tu dois faire.


« Quand tu signais à Sochaux, tu visitais l’usine Peugeot. Maintenant, ils ne le font plus, c’est dommage car ça te donnait envie de te dépouiller pour tes couleurs »


Après ton prêt à Guingamp, tu repars un an à Lens avant de t’engager à Sochaux…
A mon retour à Lens, j’avais 24 ans et après avoir été titulaire toute l’année avec Guingamp, je n’acceptais plus d’être remplaçant. J’avais envie de jouer car j’étais un amoureux du football. Je sais que j’étais un jeune con, un p’tit branleur, et j’ai crié haut et fort que j’en avais ras le bol de ne pas jouer. En fin de saison, Lens a eu l’opportunité de me vendre à Sochaux alors en L2. Il me restait un an de contrat à Lens. Sochaux voulait constituer une grosse équipe pour remonter en Ligue 1. Pour moi, c’était bien, ça me permettait d’avoir du temps de jeu. Je ne regrette pas ce choix car Sochaux est remonté dans la foulée…pour malheureusement redescendre l’année d’après.


Comment tu t’es senti à Sochaux ?
J’ai joué trois saisons à Sochaux et j’ai adoré. C’est une région extraordinaire. Il y a plein de nature et c’était top pour moi car j’adore la pêche. Je me suis régalé là-bas. Quand tu signais à Sochaux, tu visitais l’usine Peugeot. Maintenant, ils ne le font plus, c’est dommage car ça te donnait envie de te dépouiller pour tes couleurs. A l’époque, on avait une équipe de dingue à Sochaux avec Maxence Flachez, Erwan Manac’h, Olivier Baudry. J’étais présent pour les débuts de Pierre-Alain Frau, Camel Meriem ou El-Hadji Diouf. Je me suis bien senti à Sochaux. Malheureusement, ma dernière saison s’est un peu moins bien passée. C’était lors de la saison 1999/00. Sochaux finit quatrième de Ligue 2. Jean Fernandez était sur le banc. J’ai continué à faire ma grande gueule et j’ai vexé l’entraîneur en début de saison. Je me suis retrouvé sur le banc. J’étais plus joker. J’arrivais en fin de contrat à la fin de la saison et il était temps de partir. Quand je suis parti, j’ai dit à Jean Fernandez que j’avais été très fier de jouer sous ses ordres. Malheureusement, on ne s’est pas trouvés humainement parlant.


Ce n’est pas un regret pour toi de ne pas avoir été à Sochaux lors de cette saison 2000/01 extraordinaire conclue par une montée en Ligue 1 ?
Je n’ai pas de regrets car l’entraîneur ne comptait plus sur moi. Quand je pars de Lens, le club est champion de France la saison suivante. Quand je pars de Sochaux, ils font ensuite une saison exceptionnelle. Moi je suis plus dans la construction (rires). Après Sochaux, j’ai eu la chance de connaître une expérience extraordinaire à Créteil pendant trois ans. A ce moment-là, Alain Afflelou et Alain Pedretti arrivaient à Créteil. Le Stade de France venait d’être construit et ils avaient dit : « Créteil sera le deuxième plus grand club parisien et on va investir le Stade de France ». Depuis longtemps, mon agent me disait « Créteil, Créteil, Créteil… ». Au début, je lui ai dit : « tu rigoles ou quoi ». Puis finalement, j’ai eu un rendez-vous avec les dirigeants de Créteil. Quand j’ai discuté avec Alain Pedretti, je me suis dit qu’il était un peu dingue et qu’il avait un projet de dingue. Ça m’a convaincu. A Créteil, j’ai eu la chance de côtoyer des très, très bons joueurs comme Jean-Luc Dogon, Nicolas Huysman, Stéphane Porato, Patrick Blondeau, Ramon Vega, Franck Histilloles, Jaroslav Plasil, Daniel Amokachi, Mickaël Madar.


« A Créteil, le projet était très intéressant, j’ai été capitaine de l’équipe, j’ai pris énormément de plaisir là-bas avec une bonne bande de potes. On a changé l’image de Créteil »


Pourquoi Créteil n’est pas monté en Ligue 1 ?
C’était compliqué. Le club n’était pas assez structuré. Lors de la saison 2002/03, nous étions quatrièmes à la trêve. Mais malheureusement, Créteil n’a pratiquement pas gagné un match pendant la phase retour pour finalement se sauver à l’avant-dernière journée. J’ai connu un divorce lors de cette saison, du coup je n’ai pas pu aider l’équipe. Je suis parti un peu à la parisienne. A Créteil, le projet était très intéressant, j’ai été capitaine de l’équipe, j’ai pris énormément de plaisir là-bas avec une bonne bande de potes. On a changé l’image de Créteil.


Pourquoi choisis-tu de partir à Troyes en 2003 ?
Je suis allé à Troyes grâce à Faruk Hadzibegic. Quand j’ai signé à Sochaux en 1997, Faruk Hadzibegic était l’entraîneur. Lors de ma dernière saison à Créteil, je l’ai beaucoup croisé à Paris parce qu’on s’entendait très, très bien. Lors d’un repas, il m’a annoncé qu’il allait entraîner Troyes pour essayer de maintenir l’ESTAC en Ligue 1, mais la situation était compliquée car Troyes était bon dernier. Il me dit : « Sauf miracle, Troyes sera en Ligue 2 la saison prochaine. Ne resigne pas à Créteil, attends un peu, et engage toi à Troyes avec moi à la fin de la saison. Et on refait le même coup qu’avec Sochaux en remontant directement en Ligue 1 ». Je lui ai dit : « Bingo, c’est parti ». Ma première saison à Troyes a été assez compliquée suite à mon divorce. Après le limogeage de Faruk Hadzibegic, Jean-Marc Furlan est arrivé avec un nouveau président. Le président Gomez. Troyes était tout proche de déposer le bilan. Le président nous a expliqué que si on voulait sauver le club, tout le monde devait faire un effort financier. On est reparti la saison suivante avec le même groupe et on est monté en Ligue 1 à la fin de la saison.


Dans l’équipe, il y avait notamment toi, Sébastien Grax, Carl Tourenne…
Il y avait aussi Fred Garny, Frédéric Adam, Benj’ Nivet qui était déjà là, Gharib Amzine, Jean-Louis Montero, Damien Perquis, Florian Boucansaud, Gaël Sanz. On s’est régalés avec Jean-Marc Furlan. On est très mal parti, à la douzième journée, Troyes était avant-dernier. Après une victoire à Niort, on explose tout le monde et on termine troisième de L2. Tout le monde a joué le jeu pour baisser son salaire et cela a soudé le groupe. Puis Jean-Marc Furlan nous a fait comprendre que ce n’était que du football. Les deux saisons que nous avons vécues ensemble, tous les joueurs de Troyes s’en souviendront. On marchait sur les adversaires en Ligue 2 et avec le même groupe on a réussi à se maintenir en Ligue 1. Quand ton groupe est vraiment soudé, tu vas au bout du monde. Ce sont mes deux plus belles années. En plus, retrouver la Ligue 1 à 32 ans après six ans de Ligue 2, c’était génial. Lors de la première année en Ligue 1, après quatre journées, j’étais même meilleur buteur du championnat avec Pauleta (rires) avec 3 buts inscrits. Énorme. Après tant d’années en L2, le travail a payé.


« A Troyes, on voyait déjà Blaise Matuidi très haut. C’était certainement le jeune le plus intelligent du groupe. Pas un mot, très discret, à l’écoute. Il sentait le jeu, il ne faisait jamais le geste de trop. Toujours efficace. Il n’y a pas de surprise aujourd’hui »


Pourquoi Troyes est redescendu en 2007 ?
Certains cadres sont partis comme Fred Adam, Carl Tourenne, qui était un vrai capitaine, ou Jean-Louis Montero. A la place, Troyes a recruté Cédric Barbosa, Yann Lachuer et Demetrius Ferreira. La mayonnaise n’a pas bien pris.


Tu as côtoyé Blaise Matuidi à Troyes. A l’époque, pensais-tu qu’il ferait la carrière qu’il a réalisée ?
A l’époque, les anciens lui donnaient beaucoup de conseils et très honnêtement, nous n’étions pas du tout inquiets pour sa progression et sa carrière. On le voyait très haut. C’était certainement le jeune le plus intelligent du groupe. Pas un mot, très discret, à l’écoute. Il sentait le jeu, il ne faisait jamais le geste de trop. Toujours efficace. Il n’y a pas de surprise aujourd’hui pour nous. Moi aussi en fin de carrière, j’ai transmis ce qu’on m’a appris plus jeune : le respect des anciens, travailler deux fois plus et être à l’écoute. Sur le terrain, tu peux avoir des qualités, mais il faut aussi être à l’écoute par rapport à l’apprentissage tactique.


Quel bilan fais-tu de ta carrière ?
J’ai arrêté à 34 ans alors que j’avais commencé en pro à 17 ans. Je me dis qu’avec les qualités que j’avais, je n’ai peut-être pas fait la carrière que j’aurais dû faire. Je n’ai pas été le plus irréprochable dans mon hygiène de vie. Je n’ai pas su mettre tous les ingrédients de mon côté pour faire une plus grosse carrière. Mais après, il n’y a pas de regrets. Je suis content d’avoir pu jouer 17 ans en professionnel. Tous les joueurs n’arrivent pas à jouer autant de temps.


Enfin, souhaites-tu ajouter quelque chose ?
J’ai pris énormément de plaisir pendant ma carrière. J’ai eu la chance de connaître énormément de joueurs, beaucoup d’entraîneurs. Maintenant, je me lance en tant qu’éducateur. Je suis directeur technique du plus grand club amateur de la région Grand Est, le Football Club de l’Agglomération Troyenne. Je pense que je vais repartir sur les terrains la saison prochaine en tant qu’éducateur. J’avais laissé tomber le football pendant dix ans, le football est revenu me voir et j’ai recraqué.


Propos recueillis par Clément Lemaître


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