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A travers cette magnifique interview, Yoann Bigné vous replonge à l’époque où le Stade Rennais était entraîné par Paul Le Guen et au moment où François Pinault a repris le club breton. Retour aussi sur son passage à Nice version Gernot Rohr et à Brest qu’il a mené du bas de tableau de L2 à la Ligue 1. Confidences sincères de l’ex-futur Didier Deschamps.


Yoann Bigné, que deviens-tu depuis la fin de ta carrière de joueur de football professionnel ?
J’ai arrêté le foot il y a presque six ans. Le temps passe super vite. Après ma carrière dans le foot, j’ai pris trois années sabbatiques. Aujourd’hui, je me suis reconverti guide de pêche à Saint-Malo. J’ai recommencé une formation, je suis retourné à l’école. J’ai obtenu mon examen et en ce moment je suis en train de créer mon entreprise. J’espère me lancer en juillet à Saint-Malo.


Comment juges-tu l’évolution du football depuis la fin de ta carrière ?
J’ai un peu décroché avec l’actualité du foot. Je regarde surtout les matchs du PSG qui a relevé le niveau du championnat. Je garde aussi un œil sur les équipes pour lesquelles j’ai jouées : Rennes, Nice et Brest. Depuis que j’ai arrêté, je suis allé deux ou trois fois au stade à Rennes. Je n’ai pas été plus emballé que ça.


En regardant en arrière, quel bilan fais-tu de tes années dans le foot professionnel ?
J’ai joué 15 ans en pro, c’est pas mal quand même. Ma carrière est satisfaisante même si on peut toujours faire mieux. J’ai été assez régulier. Je me suis bien plu dans les clubs où je suis passé. Surtout à Brest où je suis resté six ans. J’y ai vécu une bonne expérience, même en Ligue 2, car nous avons vécu la montée. J’en garde des supers souvenirs. Avec Rennes, je garde d’excellents souvenirs du match de Coupe Intertoto contre la Juventus Turin (défaite 2-0 en Italie et 2-2 à Rennes) de Zinédine Zidane. J’ai encore son maillot d’ailleurs. Au début de ma carrière, j’ai eu quelques touches en Angleterre. Gérard Houllier me voulait à Liverpool mais je ne me sentais pas prêt de partir à 18 ans. En plus, François Pinault arrivait à Rennes à ce moment-là et voulait monter son projet. Vu que je suis originaire de Rennes et que je m’y sentais vraiment bien, j’ai préféré rester plutôt que m’exiler comme certains l’ont fait. A l’époque, François Pinault voulait monter une équipe bretonne et maintenant ce n’est pas trop le cas.


« Tout gamin, je jouais juste pour le plaisir. L’idée de faire une carrière professionnelle ne me trottait pas plus que ça dans la tête »


Comment vis-tu ce changement d’époque où les équipes professionnelles comptent moins sur des joueurs originaires de leur région ?
C’est dommage car à Rennes il y a un bon centre de formation. Maintenant, je trouve qu’ils vont beaucoup chercher des jeunes à l’étranger ou en région parisienne. C’est dommage car il y a du potentiel en Bretagne.


Est-ce que ta relation avec le public rennais était plus forte du fait que tu sois Breton ?
J’étais pas mal apprécié par le public rennais. Mais sur la fin de l’ère Paul Le Guen et lors du premier passage de Christian Gourcuff sur le banc de Rennes, j’étais moins souvent titulaire. Malgré cela, j’ai toujours eu le soutien des supporters de Rennes. Dès que je sortais du match, ils m’applaudissaient. L’an dernier, j’ai donné le coup d’envoi du match Rennes-Nice et ils m’ont une nouvelle fois applaudi. Je n’étais pas très présent dans les médias au cours de ma carrière, mais je pense que les observateurs de foot m’appréciaient. Quand j’étais sur le terrain, je donnais le meilleur de moi-même et je pense que le public l’a aussi ressenti.


Quand tu étais jeune, rêvais-tu de devenir joueur de foot professionnel ?
J’ai intégré le centre de formation de Rennes à 14 ans. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre conscience que c’était possible. Mais pas avant. Tout gamin je jouais juste pour le plaisir, ça ne me trottait pas plus que ça dans la tête. On avait une bonne petite équipe à Saint-Sulpice-la-forêt, près de Rennes, et on était contents de se retrouver tous les samedis. C’était une époque sympa, j’en garde de bons souvenirs. Plus jeune, je préférais jouer au foot plutôt que regarder. C’est un peu différent aujourd’hui : beaucoup de gamins commencent à jouer au foot et pensent tout de suite devenir professionnels.


« La comparaison avec Didier Deschamps ne m’a pas desservi car je n’y faisais pas attention »


Au centre de formation de Rennes, quelles personnes ont été importantes pour toi ?
Yves Colleu et Patrick Rampillon qui sont venus me chercher. Yves Colleu m’a beaucoup marqué en tant que coach. Il était super au niveau de la pédagogie, c’était un super entraîneur. J’avais un bon contact avec lui. Ça me ferait plaisir de le revoir. Quand j’étais jeune, j’étais de la même année que Mickaël Silvestre et Ousmane Dabo, et je me souviens qu’ils ont commencé plus tôt que moi en pro. A ce moment-là, je me demandais quand allait venir mon tour. Mais Yves Colleu m’a fait confiance et j’ai intégré le groupe pro progressivement. J’ai réussi à répondre présent dès ma première rentrée. J’ai fait une passe décisive d’ailleurs. Puis ça s’est bien enchaîné. Je retiens aussi que c’est Guy David qui a fait de moi un titulaire à Rennes.


Quels joueurs étaient tes modèles quand tu as commencé au Stade Rennais ?
A l’époque, Jocelyn Gourvennec, Sylvain Wiltord et Pierre-Yves André m’avaient marqué. Il y avait aussi Laurent Huard. Il m’a pas mal conseillé. Plus jeune, je suivais le Stade Rennais à fond.


Quand tu as débuté ta carrière à Rennes, beaucoup d’observateurs te comparaient à Didier Deschamps. Est-ce que cette comparaison t’a desservi ?
C’est vrai que nous avions un peu le même profil même s’il est un peu plus grand que moi. Mais à Rennes, j’ai plus joué sur le côté droit que numéro six. En équipe de France jeunes et même avec les Espoirs, beaucoup de personnes m’ont comparé à lui, mais au final on n’a pas fait la même carrière. Peut-être que si j’étais parti à l’étranger, cela aurait pu me faire aller plus haut. Mais la comparaison avec Didier Deschamps ne m’a pas desservi car je n’y faisais pas attention.


« Avec Paul Le Guen à Rennes, c’est vrai qu’on défendait pas mal et qu’on n’avait pas de fond de jeu. Mais même si ce n’était pas magnifique à voir, on gagnait des matchs »


En 1998, Paul Le Guen arrive sur le banc rennais. Quelles étaient tes relations avec lui sachant qu’il avait aussi joué milieu de terrain pendant sa carrière de joueur ?
Ça s’est super bien passé avec lui, surtout les premières années. On a fini cinquième la première saison. Il y a eu un recrutement judicieux avec les arrivées de Shabani Nonda et Cédric Bardon. A la fin de son passage à Rennes, c’était un peu plus compliqué car les supporters et les dirigeants voulaient un fond de jeu car ils trouvaient que c’était un peu trop défensif avec Paul Le Guen. C’est vrai qu’on défendait pas mal et qu’on n’avait pas de fond de jeu. Mais même si ce n’était pas magnifique à voir, on gagnait des matchs. Après le départ de Paul Le Guen, les dirigeants rennais ont fait venir Christian Gourcuff pour avoir du jeu. Il y a eu du jeu mais il n’y a pas eu de résultats. Puis chaque année, les dirigeants recrutaient des nouveaux joueurs et il fallait les faire jouer.


Comment ça s’est passé pour toi avec Christian Gourcuff ?
C’était compliqué. Lors de son premier match en championnat, Rennes perd contre Auxerre 5-0 à domicile. Après cette rencontre, il chamboule un peu l’équipe en Coupe Intertoto et me fait jouer contre Aston Villa. Je fais un bon match et il me dit : « je ne pensais pas que tu étais été capable de faire un match comme ça ». Puis, il m’a fait confiance jusqu’au mois de décembre. Mais dès janvier, il a remis son équipe qu’il souhaitait aligner en début de saison. Il ne m’a plus fait jouer et je suis parti à Nice.


A son arrivée à Rennes à l’été 2002, Philippe Bergeroo a-t-il tenté de te retenir ?
Dès les matchs amicaux, je voyais que ça allait être compliqué, que je n’allais pas être dans ses plans non plus. J’ai eu l’opportunité d’être prêté à Nice et j’ai trouvé le challenge intéressant. A l’époque, Nice venait de monter en Ligue 1. J’avais eu Gernot Rohr au téléphone. Il voulait vraiment que je vienne. Ça s’est super bien passé à Nice, j’ai réalisé une belle saison. A la trêve, on était deuxièmes avec des superbes joueurs : José Cobos, Jacques Abardonado. Sur le plan du jeu, ce n’était pas très joli à voir, mais nous étions des chiens sur le terrain. Dès qu’on avait une occasion, Kaba Diawara marquait.


« Comparé à Frédéric Antonetti qui était un peu froid ou Paul Le Guen qui avait du mal à venir te parler, Gernot Rohr était super cool »


A Nice, tu arrives dans un club promu à qui on a refusé la montée pendant l’été 2002 dans un premier temps et qui a été réintégré en L1 quelques jours avant la reprise. Avec un supplément d’âme, Nice a réalisé un début de saison extraordinaire : que retiens-tu de tes débuts à Nice individuellement et collectivement ?
Mon prêt à Nice s’est fait super vite, je n’ai pas eu le temps de trop réfléchir. J’étais à Saint-Malo un dimanche et Gernot Rohr m’appelle pour me dire : « tu viens demain ». J’ai pris l’avion sans même avoir le temps de préparer les cartons pour déménager. J’ai pris une valise vite fait et je suis parti. Aujourd’hui, je ne regrette pas du tout. Ça m’a permis de me relancer. Sur le plan collectif, personne ne s’attendait à voir Nice en haut de tableau à la trêve. Même nous, on n’y croyait pas. On s’est serrés les coudes et les cadres comme José Cobos ont tiré l’équipe vers le haut. Il y avait une très bonne ambiance dans le groupe cette saison-là, on mangeait souvent ensemble. Pourtant, l’équipe n’avait pas vraiment eu le temps de vivre ensemble avant le début de saison. Moi j’étais arrivé une semaine avant la reprise. Heureusement, on a obtenu des premiers bons résultats au départ et après ça s’est enchaîné. Je me souviens de l’ambiance lors de mes premiers matchs au Stade du Ray, j’en avais des frissons. Ça n’arrêtait pas de chanter pendant le match. C’était impressionnant. A domicile, il était hors de question de perdre des points. Notre équipe ne lâchait rien.


Au milieu tu jouais avec Everson, Eric Roy ou Romain Pitau. Comment te sentais-tu au milieu de ces joueurs-là ?
Avec Gernot Rohr, on jouait en 5-3-2, et moi je jouais côté droit. Sauf que quand on avait le ballon, j’étais pratiquement ailier droit. Gernot Rohr avait de très bonnes relations humaines avec ses joueurs. Comparé à Frédéric Antonetti qui était un peu froid ou Paul Le Guen qui avait du mal à venir te parler, Gernot était super cool. On avait des bons résultats, donc c’était peut-être plus facile aussi. Sur le terrain, j’ai beaucoup appris en jouant avec Eric Roy, il m’a fait progresser.


En 2005 , Frédéric Antonetti devient le nouvel entraîneur de Nice. C’est plus difficile pour toi car tu joues moins et tu es remplaçant pratiquement toute la saison…
Même s’il ne me faisait pas toujours jouer, tactiquement je le trouvais vraiment très fort. Tu avais tellement bien travaillé pendant la semaine que le jour J tu savais ce que tu avais à faire, tu savais comment tu devais te déplacer. Je pense que c’est le meilleur entraîneur que j’ai eu sur le plan tactique. Après, quand Florent Balmont est arrivé à Nice, je rentrais moins dans les plans. Il faisait ses matchs donc il n’y avait rien à dire. Puis, c’était compliqué au milieu de terrain d’aligner deux petits gabarits.


« Une belle amitié s’est créée entre Nolan Roux et moi à Brest. Comme moi, il adore la pêche. Tous les ans, on voyage ensemble pour pêcher »


Pourquoi choisis-tu de partir à Brest en 2006 ?
A la fin de la saison 2005/06, Nice me l’a un peu fait à l’envers. Lors de la saison, j’étais très souvent remplaçant mais Frédéric Antonetti me faisait quand même confiance car j’étais presque tout le temps dans le groupe le week-end. Cette saison-là, j’avais un salaire un peu plus bas et si je jouais 18 matchs je devais percevoir le salaire que j’avais avant. Au mois de mars, je suis à 15 matchs, mais sauf que du mois de mars à la fin du championnat, je ne joue pas une rencontre. Est-ce qu’il y a eu une relation ? C’était bizarre. Il me restait un an de contrat à Nice à la fin de la saison, mais après ce qu’il s’était passé, j’ai voulu revenir en Bretagne. A l’époque, je m’étais dit pourquoi pas aller à Guingamp ou à Lorient mais ces deux clubs n’étaient pas intéressés. Puis Brest m’a contacté. Je ne regrette pas d’y être allé car j’y ai vécu de supers moments et j’ai rencontré des gens très accueillants. J’étais super heureux de retrouver la Bretagne même si la première saison a été compliquée. J’ai joué, mais les résultats ne suivaient pas trop et il y a eu plusieurs entraîneurs. Heureusement, les supporters ne nous ont pas lâchés. L’ambiance au Stade Francis Le Blé était très festive.


Comment as-tu vécu la progression du Stade Brestois, de l’intérieur, à la fin des années 2000 ?
Lors de ma première année, Brest sauve sa peau en Ligue 2 à la fin du championnat. Ensuite, l’arrivée d’Alex Dupont à Brest a apporté un plus. Il me faisait beaucoup confiance même si j’avais plus de 30 ans. Avec Alex Dupont, des joueurs comme Bruno Grougi et Nolan Roux se sont révélés. On a fait une super saison lorsque le club est monté en L1 en 2010. Il y avait une superbe ambiance dans le vestiaire. Je garde aussi un super souvenir du soir où Brest a décroché la montée : c’était un défilé digne d’une victoire en Coupe du Monde dans les rues brestoises. Pour moi, une belle amitié s’est créée avec Nolan Roux lors de cette saison-là. Comme moi, il adore la pêche. Tous les ans, on voyage ensemble pour pêcher. J’étais donc très bien à Brest : il y avait la mer et j’allais à la pêche entre les entraînements. J’ai bien aimé ma période brestoise même en Ligue 2. Les week-ends, les joueurs se retrouvaient et se faisaient une bouffe. En Ligue 1, c’était plus chacun de son côté.


Pourquoi l’ambiance dans le groupe brestois était-elle différente en Ligue 1 ?
Peut-être que la pression des résultats a joué. Il y avait plus d’argent en jeu aussi. Lors de notre première saison en L1, on nous disait : « si le club descend, il y aura des postes qui seront supprimés au club ». L’ambiance n’était pas la même. C’était moins familial.


« Quand tu arrêtes le foot pro, t’es content au départ mais quand tu y repenses trois-quatre ans après, tu te dis « c’était pas mal quand même » »


Tu as moins joué lors de cette première saison de Brest en Ligue 1 en 2010/11. Comment as-tu vécu cette situation ?
Le club avait pas mal recruté pendant l’été et pareil, il fallait faire jouer les nouveaux joueurs. Mais j’ai rejoué lors des cinq derniers matchs de la saison lorsqu’il fallait lutter pour le maintien. A la fin du championnat, le coach m’a dit : « je suis content de toi, on compte sur toi l’année prochaine ». Mais à l’intersaison, Brest a recruté le Colombien John Jairo Culma qui jouait au même poste que moi. C’était un bon joueur mais il n’avait rien d’exceptionnel. En plus lors des matchs amicaux, le coach m’a fait jouer arrière droit. Un soir, à l’occasion de la deuxième saison de Brest en L1, j’étais sur le banc et un défenseur se blesse. Je dis à Alex Dupont : « fais rentrer un défenseur, moi je ne suis pas défenseur ». Il n’a pas apprécié.


Ton dernier match de L1, c’était face au PSG de Carlo Ancelotti en janvier 2012 (défaite de Brest 0-1 à domicile). En face, il y avait notamment Maxwell, Blaise Matuidi, Kevin Gameiro, Nene. Etait-ce l’équipe la plus forte que tu as rencontrée ?
Le niveau était élevé, c’était impressionnant, il y avait des bons joueurs en face. Brest ne s’en était pas trop mal sorti. On n’avait pas pris un gros bouillon. Pour ma part, ce n’est pas l’équipe la plus forte que j’ai rencontrée pendant ma carrière. J’avais été plus impressionné par la Juventus Turin (ndlr : saison 1999/00) de Zidane, Inzaghi, Zambrotta. Quand tu joues ce genre de match, la motivation est forcément là. J’aimais bien jouer de gros matchs comme ça, c’était top. C’est plus difficile quand tu joues une équipe amateur en 32eme de finale de Coupe de France au mois de janvier, tu n’es pas toujours motivé. C’est pour ça que beaucoup d’équipes professionnelles se font sortir.


Dans quel état d’esprit as-tu arrêté ta carrière ?
Je savais que la saison 2011/12 était ma dernière en professionnel. Je n’en garde pas un super souvenir mais je suis parti du club en bons termes. J’ai arrêté à 35 ans et c’est pas mal de s’arrêter à cet âge-là. Mais si le coach m’avait fait plus confiance, j’aurais pu continuer. Quand tu vois ce que fait Benjamin Nivet aujourd’hui : jouer à 41 ans en Ligue 1 ça fait rêver. Aujourd’hui, quand je regarde derrière moi, je me dis que j’ai réalisé une belle carrière. J’ai joué environ 300 matchs en Ligue 1 et 200 matchs en Ligue 2. Quand tu arrêtes le foot pro, t’es content au départ mais quand tu y repenses trois-quatre ans après, tu te dis « c’était pas mal quand même ». La reconversion peut être compliquée car quand tu débutes en tant que joueur de foot professionnel, tu arrêtes les études super tôt. Et après ta carrière dans le foot, souvent tu ne sais pas trop quoi faire. C’est un peu le vide. Six ans après la fin de ma carrière, il n’y a presque plus personne du monde du foot qui m’appelle.


Enfin, souhaites-tu ajouter quelque chose ?
J’ai fait une carrière convenable même si je n’étais pas un joueur médiatique. Je ne le regrette pas. Des fois, je me pose la question : si j’étais parti à l’étranger, est-ce que j’aurais pu passer un pallier ? Mais ça, on ne le saura jamais.


Propos recueillis par Clément Lemaître