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A travers la carrière d’Emerick Darbelet, c’est pratiquement 15 ans d’histoire de la D2, rebaptisée Ligue 2 en 2002, l’année où l’ailier auvergnat est devenu champion de l’antichambre de la L1 avec l’AC Ajaccio où il conserve des souvenirs inoubliables : son recrutement par Rolland Courbis, l’état d’esprit des Corses et cette saison de foot incroyable. La carrière d’Emerick Darbelet vous emmène aussi du Stade Rennais de Didier Notheaux à Clermont en passant par le Mans de Marc Westerloppe, l’Amiens Sporting Club de Denis Troch et les Chamois Niortais. Entretien passionnant avec un passionné.


Emerick Darbelet, que deviens-tu depuis la fin de ta carrière de joueur de foot professionnel ?
J’ai arrêté de jouer en pro en 2006 et j’ai continué à Moulins, dans le monde amateur, jusqu’en 2009. J’ai d’ailleurs fini sur une montée en National. Le coach de l’époque m’a demandé si j’avais mes diplômes d’entraîneur, et comme j’étais diplômé je suis devenu son adjoint une fois que j’ai arrêté. J’ai enchaîné sur une carrière d’entraîneur. Après mon licenciement en 2015, j’ai été embauché à Jura Sud Foot. L’an dernier, j’ai arrêté car je vivais loin de ma famille. J’ai commencé une formation avec l’UNECATEF (Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football) et je suis désormais à la recherche d’un nouveau projet, un nouveau club pour la saison prochaine. J’ai retrouvé l’envie et l’énergie pour retourner au bord du terrain. Ça me manque.


Tu as fait ta carrière en Ligue 2, penses-tu que le niveau a évolué depuis 15 ans ?
Je ne sais pas si on peut réellement comparer. Les choses ont tellement changé. Je ne suis pas sûr que les joueurs actuels auraient pu jouer à notre époque. L’engagement était totalement différent tout comme les méthodes de travail. Je suis content d’avoir joué dans les années 90-2000. Je ne veux pas faire le vieux con en disant que c’était mieux avant mais c’est dommage que nous ayons perdu quelques valeurs comme le respect de l’ancien, le côté un peu plus rigoureux à l’intérieur du vestiaire. Les règles ont été un peu trop assouplies et ça manque.


Quand on pense à Emerick Darbelet, on pense aux soirées multiplex de L2 à la radio. C’était comment d’être joueur de L2 à l’époque notamment par rapport à la médiatisation ?
La médiatisation aujourd’hui n’a plus rien à voir. A mon époque, c’était très, très rare d’avoir des images de D2 à la télé. Le fait de pouvoir voir tous les matchs de L2 aujourd’hui, c’est très, très bien. Sinon par rapport aux journalistes, j’étais assez ouvert. Il y en avait beaucoup moins car moins de monde s’intéressait à la D2. Du coup à l’époque, on les connaissait mieux. Je me souviens de soirées mémorables avec Bernard Lions et d’autres journalistes qui sont aujourd’hui sur l’Équipe 21. Je ne pense pas qu’ils aient les mêmes relations avec les joueurs actuels. Aujourd’hui c’est plus difficile, tu dis le moindre truc, ça tourne en boucle sur les réseaux sociaux.


Raconte nous tes débuts au Matra Racing…
Le Matra Racing fait partie des rares maillots qui sont dans mon bureau. J’ai grandi là-bas, j’ai tissé des liens d’amitié sincères avec certaines personnes depuis l’âge de 15 ans. J’y ai passé quatre années merveilleuses. Quand j’étais au centre de formation, il y avait les Luis Fernandez, Jean-Luc Dogon en équipe première, c’était le grand, grand Matra. Deux ans après mon arrivée au centre de formation, le club a coulé.


« J’ai fait ma première saison au Stade Rennais avec Jocelyn Gourvennec. Lui, il était très, très fort. C’était le patron »


Comment es-tu recruté par Rennes ?
Suite à la rétrogradation du Matra Racing, quelques clubs professionnels souhaitaient m’engager. Un jour, Patrick Rampillon, le directeur du centre de formation de Rennes, m’appelle pour me dire qu’il va à la gare Montparnasse pour me rencontrer. Le fait qu’il soit venu à moi, j’ai pris ça comme une vraie marque de reconnaissance. C’est pour ça que j’ai signé à Rennes où je n’étais pas en terre inconnue car j’étais en sélection avec Laurent Huard et Frédéric Cado.


Qu’est-ce qui t’a marqué à Rennes ?
Il y a eu la montée en D1 en 1993/94 mais j’ai peu joué car c’est mon année au Bataillon de Joinville. Ma première saison à Rennes a été très, très bonne avec Didier Notheaux. J’ai joué la quasi-totalité des matchs de D2 en 1992/93. Ensuite, je signe pro et je décide de partir à l’armée dans la foulée pour être « débarrassé ». Mais mon calcul n’a pas été bon. Michel Le Milinaire est arrivé sur le banc du Stade Rennais et a décidé de lancer d’autres petits jeunes en D2. Bon depuis, ils ont fait une carrière honorable puisqu’il s’agit de Pierre-Yves André et Sylvain Wiltord. En début de saison, on était au même niveau et après ils ont su saisir leur chance. Le coach ne s’était pas trompé. J’ai aussi fait ma première saison avec Jocelyn Gourvennec. Lui, il était très, très fort. C’était le patron. Quant à « Nino » Wiltord, c’est juste un bon mec. Il était bon, il n’en faisait pas trop. On s’est perdus de vue du fait de nos carrières. Quand il est devenu champion d’Europe en 2000, je l’ai appelé pour lui laisser un message. A ce moment-là, je suis convaincu que je vais tomber sur sa boîte vocale, mais en fait non, il m’a répondu. Je l’ai recroisé en 2006 quand il jouait à Lyon, moi avec l’UNFP. Le mec, il s’est arrêté pour venir discuter avec moi. On a parlé comme quand on était gamins. Pour moi, ça reste un mec top.


Quels souvenirs gardes-tu de Michel Le Milinaire ?
Un vieux monsieur, les cheveux blancs, très discret. A l’opposé de Didier Notheaux. Didier, c’est un personnage. C’est lui qui m’a lancé dans le monde pro. Mais après, Michel Le Milinaire a préféré des joueurs qui étaient meilleurs, tout simplement.


Pourquoi tu quittes Rennes suite à la montée en D1 en 1994 ?
J’ai peu joué et Ulrich Le Pen avait convaincu suite à ses quelques apparitions. Du coup, les dirigeants rennais m’ont dit : « si tu restes, ton temps de jeu ne va pas être top ». J’ai répondu : « Ok, moi j’ai envie de jouer au foot ». C’était ma priorité. J’ai donc été prêté au Mans. Pour moi, il fallait jouer pour durer.


« J
ai connu deux grands attaquants au Mans : Reginald Ray, qui avait fini meilleur buteur de D2 en 1998, et Patrick Van Kets, qui était énorme et marquait but sur but. Pendant ce temps-là, Didier Drogba était le petit jeune. Pas beaucoup de personnes au Mans auraient misé une pièce sur la carrière qu’il a réalisée »


Dans une précédente interview sur Foot d’Avant, Olivier Pedemas parlait d’une grande convivialité dans le vestiaire du Mans dans les années 90. Tu confirmes ?
C’est exactement ça. On formait une belle bande de potes. De plus, ma première fille est Mancelle, donc je serai marqué à vie par Le Mans. J’y ai vécu de belles années et rencontré de belles personnes. Avec les Olivier Pedemas, Olivier Pignolet, Denis Arnaud, Willy Bolivard, Koffi Fiawoo, Maxime Poisson, Regis Beunardeau, on avait une vie extra-foot incroyable. Nos femmes se côtoyaient. Les week-ends, on allait chez les uns et chez les autres. Quant au Stade Léon-Bollée, les vrais supporters étaient toujours là. J’ai d’ailleurs été invité à une fête organisée par les supporters du Mans. C’est plaisant de savoir que le joueur et l’homme les ont marqués.


Quels souvenirs gardes-tu des Dagui Bakari, Daniel Cousin, Didier Drogba ?
J’ai joué deux ans avec Dagui, et j’aurais dû le suivre à Lille car l’ex-coach manceau Thierry Froger voulait aussi me recruter lorsqu’il est parti au LOSC. Mais Le Mans n’a pas voulu me laisser partir. C’est pas grave, c’est comme ça. Pour revenir aux attaquants manceaux, j’en ai connu deux grands : Reginald Ray, qui avait fini meilleur buteur de D2 en 1998, et Patrick Van Kets, qui était énorme et marquait but sur but. Pendant ce temps-là, Didier Drogba était le petit jeune. Pas beaucoup de personnes au Mans auraient misé une pièce sur la carrière qu’il a réalisée. Faire une carrière : ouais bien sûr, il avait des qualités, un gabarit hors norme, mais il n’avait pas une hygiène de vie exceptionnelle. Je l’ai recroisé en 2006 avec l’UNFP en région parisienne. Lui était avec la sélection ivoirienne. Il était déjà en pleine gloire, et quand il m’a vu au bord du terrain, il s’est déplacé pour me dire bonjour. Autour de lui, il y avait une cour. Un truc de fou. C’est rassurant de voir que des joueurs qui sont devenus des stars mondiales aient gardé des valeurs. C’est comme Bernard Diomède que j’ai recroisé à Clermont au milieu des années 2000 : il est venu manger à la maison, c’était le même que j’avais croisé quand j’avais 15-16 ans. Les mecs comme ça, ils ne changent pas.


Pourquoi rejoins-tu Amiens en 1999 ?
A l’été 1999, le coach du Mans, Marc Westerloppe, a l’honnêteté de me dire de passer à autre chose. Ça faisait cinq ans que j’étais au Mans. Si j’étais resté au Mans, j’aurais peut-être fait moins d’efforts. Il fallait que je relève un nouveau challenge. Je me souviens que j’ai commencé à Amiens lors du lancement du Stade de la Licorne. Un stade exceptionnel. La première saison a été difficile car on descend en National. Cette saison 1999/00 de D2 a été vraiment bizarre car nous sommes invaincus jusqu’en octobre. On reçoit Caen et on en prend quatre. C’était le début de la merde. On enchaîne ensuite dix-neuf matchs sans victoire, plein de joueurs se sont blessés, le coach a été viré. Pendant cette saison-là, j’ai connu un homme extraordinaire : René Marsiglia.


Malgré la descente en 2000, tu décides de rester même si Amiens s’apprête à évoluer en National…
J’avais encore un an de contrat. J’ai eu la chance cette saison-là de jouer avec Laurent David que j’avais connu à l’armée. Pour moi, c’est l’un des plus beaux joueurs avec lequel j’ai joué. Pour revenir à cette saison en National, c’était le jour et la nuit par rapport à la saison précédente. On a vécu une saison de fou sur le plan sportif : remontée en Ligue 2, quarts de finale de Coupe de la Ligue (défaite contre Lyon, le futur vainqueur) et finale de Coupe de France.


« Je ne me rappelle pas d’avoir serré la main de Jacques Chirac. Je ne me souviens de rien. C’est étrange. Je n’ai jamais eu de souvenirs de cette finale de Coupe de France. J’espère qu’un jour le curseur tournera et que les souvenirs réapparaîtront »


En Coupe de France 2001, Amiens réalise un superbe parcours en éliminant notamment Rennes et Troyes pour se hisser en finale face à Strasbourg. Comment as-tu vécu cette compétition ?
On avait un groupe de potes et un groupe de mecs qui savaient très bien ce qu’ils voulaient. Il y avait aussi la force de l’entraîneur, Denis Troch, qui nous a emmenés où il voulait. Il m’a notamment inspiré pour devenir coach. Au niveau psychologique, il a créé quelque chose d’énorme dans ce groupe-là. On pouvait nous ramener n’importe quelle équipe, on était persuadés qu’Amiens allait les taper. C’est même arrivé que les joueurs demandent au coach de partir deux-trois jours avant le déplacement pour préparer le match. Cette seconde saison à Amiens a été fantastique. En termes de football et d’émotions, c’est sûrement ma plus belle année. Je suis d’ailleurs content que le club ait réussi l’objectif du maintien cette saison.


Comment as-tu vécu la finale de Coupe de France contre Strasbourg (0-0 a.p et défaite d’Amiens aux tirs-au-but) entre la découverte du Stade de France et ton tir-au-but réussi ?
Je ne sais pas. J’ai un regret, c’est de ne pas avoir montré à Julien Lachuer comment les joueurs strasbourgeois allaient tirer. Je savais comment trois joueurs de Strasbourg souhaitaient tirer. Après, je n’ai aucun souvenir. Je ne peux pas te parler de la finale, je ne sais pas. Je ne m’en rappelle pas.


Même de ton tir-au-but marqué ?
Je sais ce qui se passe. Je sais que j’ai eu des échanges cordiaux avec José-Luis Chilavert, mais je n’ai aucune sensation, je n’ai pas de souvenirs. Je me souviens de notre arrivée au Stade de France, que je regarde où est placée ma famille. Ça je m’en rappelle, mais après c’est black-out. C’est triste. Je ne me rappelle pas d’avoir serré la main de Jacques Chirac. Je ne me souviens de rien. C’est étrange. Je n’ai jamais eu de souvenirs de cette finale. J’espère qu’un jour le curseur tournera et que les souvenirs réapparaîtront.


Pourquoi pars-tu à l’AC Ajaccio en 2001 malgré la remontée d’Amiens en D2 et la saison exceptionnelle que tu viens de vivre ?
Ça reste une énigme. Je pense que je n’aurai jamais la vraie explication. Après la finale de la Coupe de France, je repasse au Stade de la Licorne et je vois Denis Troch qui me dit que le président d’Amiens va me contacter pour parler de mon renouvellement de contrat. Mais en fait, le président d’Amiens ne m’a jamais appelé. A la fin de mes vacances, je tonds ma pelouse et Denis Troch qui habitait à 50 mètres de la maison, passe me voir. Il me dit : « alors, tu es prêt pour la saison ? ». Je lui réponds : « oui, je suis prêt. Je fais mes valises et je m’en vais, j’ai signé à Ajaccio ». Voilà comment je suis parti d’Amiens. C’est dommage car je voulais m’inscrire dans le projet d’Amiens.


« Au fur et à mesure de la discussion et de ce qu’il te raconte, Rolland Courbis te donne envie de signer dans son club »


Du coup comment l’AC Ajaccio est venu vers toi ?
Pendant les vacances, mon agent me prévient que Rolland Courbis, le nouvel entraîneur de l’AC Ajaccio, va m’appeler. C’est ce qu’il fait vers minuit. Au fur et à mesure de la discussion et de ce qu’il te raconte, il te donne envie de signer dans son club. Je tairai les détails et tout le vocabulaire, mais en gros, il m’a dit qu’il voulait construire une équipe pour accéder à la Ligue 1. Il m’a dit notamment : « si je viens à Ajaccio, c’est pour monter ». Avec son bagou et sa façon de parler de football, il est charismatique. C’est un vrai passionné et un connaisseur de foot. Je suis content d’avoir côtoyé un personnage comme ça. A Ajaccio, la saison de la montée en 2001/02 a été exceptionnelle.


Raconte nous comment tu as vécu cette saison 2001/02 sous le maillot de l’AC Ajaccio ?
Je me souviens au début, on allait s’entraîner dans les montagnes. Après, on est allé s’entraîner à Baleone. Baleone, c’est un club de tennis avec un terrain de foot à côté. Au niveau humain, c’était beau. J’avais très peu de relations avec les autres joueurs, je côtoyais Stéphane Trevisan. J’étais son chauffeur (rires). Il habitait en centre-ville et je l’emmenais à tous les entraînements. On passait beaucoup de temps ensemble. Je voyais aussi David Terrier et Samassi Abou en dehors des terrains. Il y avait peu de vie extra-foot. Par contre, quand on était sur le terrain, tout le monde se donnait à 100% pour les autres. Cette saison-là, Rolland Courbis a réussi à attirer des joueurs que l’ACA n’aurait peut-être pas réussi à recruter sans lui. Il y avait aussi l’esprit que le président Michel Moretti transmettait, mais aussi les supporters de l’ACA avec qui je suis toujours en contact. Il y avait une communion exceptionnelle dans le club. Puis sur le terrain, on avait une très, très grosse équipe.


Quels joueurs de l’AC Ajaccio t’ont marqué ?
Il y avait notamment Toto Squillaci. C’était un gamin à l’époque mais il était déjà monstrueux. On avait aussi Stéphane Trevisan dans les buts. Il venait de Marseille, ce n’était pas n’importe qui. Il y avait aussi Martial Robin qui a joué à Grenoble après, Xavier Collin, Walid Regragui, Anthony Garcia, David Terrier, Cyril Granon, notre capitaine. Devant Xavier Becas et moi avons fait des différences. C’était une grosse année. 16 ans après, mon maillot d’Ajaccio est toujours dans mon bureau. J’ai aimé l’ACA, j’ai aimé vivre là-bas, j’ai aimé les gens, j’avais une vraie vie sociale hors foot. Si j’étais resté plus d’un an, je n’aurais jamais eu envie de repartir. Je me suis retrouvé dans l’état d’esprit des Corses. J’ai rencontré des gens entiers qui ne trichent pas.


Pourquoi es-tu parti à Niort en 2002 ?
L’optique de la Ligue 1 était beaucoup trop grand pour de nombreux joueurs du groupe. Rolland Courbis souhaitait recruter beaucoup de joueurs. Il en a d’ailleurs recruté une vingtaine. Un jour, je suis convoqué dans son bureau puis dans celui de Michel Moretti. « Emerick, on va beaucoup recruter, seuls deux ou trois joueurs de la montée joueront. On ne te garantit pas du temps de jeu. Si tu veux on te laisse partir » m’ont-ils annoncé. Comme l’AC Ajaccio voulait recruter Nasser Ouadah qui évoluait à Niort, je me suis retrouvé dans la tractation.


« Moi, je voulais juste être moi, pas le successeur de Joël Bossis »


Comment se sont passées tes années niortaises ?
C’était très bizarre en fait. Avant Noël lors de la saison 2002/03, nous sommes proches du podium et je dois être à six ou sept buts et autant de passes décisives. Mes premiers mois ont été plus que bons. Malgré tout, ça ne passait pas. Ça ne passait pas car j’avais pris la place de Joël Bossis qui venait d’arrêter et qui avait laissé une trace plus qu’indélébile au club. Je pense que je ne l’ai pas compris assez tôt. Entre moi et le club, nous ne nous sommes pas compris. C’est dommage car j’ai adoré la région et j’ai vraiment aimé Niort. Moi, je voulais juste être moi, pas le successeur de Joël Bossis. Pendant cette période, heureusement que l’entraîneur Philippe Hinschberger a été là pour me soutenir et mettre en avant mes performances sur le terrain.


Ensuite, tu joues une année à Clermont…
Les six premiers mois se terminent par une relégation en National. C’était plutôt bizarre vu l’effectif qu’il y avait. Un effectif de malade mental : Olivier Enjolras dans les buts, Richard Jezierski, Nicolas Cloarec, Johan Gallon, Fred Brando, Bruno Rodriguez, Sabri Tabet, Stéphane Samson… Ça n’a jamais pris. On atteint cependant les quarts de finale de la Coupe de France en éliminant Lyon qui enchaînait les titres de champion de France à l’époque. En juillet à la reprise, c’est Dominique Bijotat qui reprend l’équipe qui avait finalement été repêchée en Ligue 2 car l’accession de Valence avait été refusée. On fait quinze jours de préparation avec « Bibi » et un jour, il nous appelle dans son bureau avec Fred Brando. « J’ai un appel de Sochaux en Ligue 1, je m’en vais », nous a-t-il dit. Là, Marc Collat arrive et c’est le début de la fin. Quand je sais que c’est lui qui signe, j’appelle mon père et je lui dit : « Papa, je ne jouerai plus à Clermont ». J’ai beaucoup moins joué même si je suis revenu dans l’équipe première car j’étais performant en réserve. Rapidement, j’annonce que je veux partir. J’ai eu de la chance à ce moment-là que Monsieur Michy soit le président de Clermont Foot. Il a été exemplaire dans la façon de gérer mon cas. Il a tout fait pour moi. Il a été professionnel et réglo. Même si mon expérience clermontoise s’est finie de manière bancale, j’aurai toujours un immense respect pour Monsieur Michy. Du coup, je suis parti à Rouen (CFA) en janvier 2006, mais ça ne l’a pas fait du tout. J’avais un contrat très, très longue durée. Mais je ne me suis pas fait au groupe. C »était beaucoup trop laxiste. Trois mois après, je suis allé voir le président Darmon pour lui dire : « j’arrête, je rentre chez moi à Clermont ». J’ai alors fini ma carrière à Moulins.


Enfin, souhaites-tu ajouter quelque chose ?
J’ai réussi à monter de CFA en National avec Moulins, du National en Ligue 2 avec Amiens et de la Ligue 2 à la Ligue 1 avec Rennes et l’AC Ajaccio. Je ne suis pas champion du monde, je n’ai pas joué en Ligue 1 mais je n’ai pas de regrets par rapport à ma carrière. Je suis fier de ce que j’ai fait. Je n’ai jamais triché, j’ai toujours donné tout ce que j’avais. Quand j’étais mauvais, je ne cherchais pas d’excuses par rapport au ballon ou au terrain. J’ai toujours été honnête envers moi-même et envers les gens. Au-delà du joueur, j’espère que les gens ont trouvé que j’étais quelqu’un de bien, honnête et ouvert aux autres.


Propos recueillis par Clément Lemaître

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