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A travers cette magnifique interview, Franck Rabarivony raconte sa carrière. Une carrière illustrant typiquement le joueur auxerrois des années 90 : du recrutement par Guy Roux himself à l’âge de 14 ans aux matchs inoubliables de Coupe d’Europe en passant par la formation à l’école de l’AJA et les débuts en Première Division. L’ex-arrière gauche d’Auxerre, aujourd’hui reconverti dans la restauration à la Réunion, se confie longuement pour Foot d’Avant.


Franck Rabarivony, que deviens-tu depuis la fin de ta carrière pro ?
J’ai pu prolonger ma carrière en venant à la Réunion où le championnat était assez attrayant. Après mon passage en Grèce en 2003, j’ai joué pour l’US Stade Tamponnaise, un club de la Réunion qui venait de réaliser le triplé. Comme je voulais continuer à jouer en Première Division, je l’ai fait mais à l’échelle locale. Ça s’est bien passé là-bas, j’ai gagné neuf titres en cinq ans. Le seul hic est qu’on ne pouvait pas aller plus haut que la 7eme Division car nous étions une équipe des DOM TOM. Dans les grands matchs que nous avons pu jouer, nous avions au moins le niveau du National. Puis après le foot, j’ai carrément basculé. Je travaille désormais dans la restauration. Aujourd’hui, j’ai mon restaurant de plage avec deux associés. Il s’appelle l’Uni Vert et se trouve à l’ouest de la Réunion, à La Saline-les-Bains. C’est un restaurant responsable donc on propose beaucoup de produits bio, locaux et naturels.


Tu as joué une grande partie de ta carrière à Auxerre dans les années 90. Est-ce que tu suis toujours les résultats de l’AJA ?
Pendant un moment j’ai un peu lâché prise. Comme beaucoup d’anciens joueurs j’ai été un peu fâché par les résultats et la tournure que prenait ce club. Ce club pour lequel on s’est battus corps et âme. Je m’y intéresse de nouveau pour la simple et bonne raison que mon fils qui aura bientôt 14 ans va rejoindre les jeunes de l’AJA en juillet prochain. Il prend la relève avec notamment les deux fils de Jean-Sébastien Jaurès qui ont exactement le même âge. Comme son papa, mon fils joue arrière gauche mais je pense qu’il pourra jouer ailleurs en défense car il est beaucoup plus grand que moi.


En regardant derrière toi, quel est ton meilleur souvenir à l’AJ Auxerre ?
C’est le doublé Coupe de France-championnat que nous avons réalisé en 1996. On s’est même permis de battre deux fois le PSG dans la même semaine en Coupe et en championnat. Cela nous a propulsés en haut du classement et un boulevard s’est offert à nous en fin de saison. Le secret de cette saison est l’arrivée d’un grand joueur. Grand par le talent et par la taille : Laurent Blanc. Quand il est arrivé à Auxerre en 1995, il était un peu timide et ne connaissait pas trop l’ambiance du club. Cette saison-là, pour être encore plus solidaires sur et en dehors du terrain, on a organisé pas mal de sorties entre nous. Cela a marché car on a joué ensemble les yeux fermés. Guy Roux avait accepté ce deal du moment que les résultats suivaient. Les footballeurs sont superstitieux donc on avait les mêmes programmes avant et après les matchs. Pendant cette saison-là, on avait aussi un parrain qui s’appelait Gérard Depardieu. Il nous a permis de connaître du monde. Il organisait aussi des choses de son côté. Il a su nous accompagner jusqu’au bout de cette saison.


Quels souvenirs gardes-tu de Gérard Depardieu ?
J’en garde de très bons souvenirs. On a pu participer à trois ou quatre de ses fêtes qui étaient sympas. C’est un bon vivant et il représentait très bien la Bourgogne. Il a amené une bonne ambiance, ce petit plus qui nous a permis d’aller au bout.


Revenons à tes débuts Franck : comment es-tu arrivé à l’AJ Auxerre ?
Avant l’AJ Auxerre, je jouais à Saint-Pierre-des-Corps près de Tours. Ce club a aussi révélé Bruno Baronchelli et Xavier Gravelaine. Un jour, j’ai joué un match avec Saint-Pierre-des-Corps et Daniel Rolland et Bernard Turpin, les recruteurs d’Auxerre, étaient présents. En fait, ils venaient voir le match d’après et moi je jouais en levée de rideau. Ils m’ont remarqué et ont contacté mes parents qui étaient venus me chercher à la fin du match. A l’époque, j’étais sollicité par d’autres équipes, mais j’ai choisi l’AJ Auxerre car le club a été très insistant et a été jusqu’au domicile de mes parents pour essayer de m’avoir.

« Guy Roux est venu jusqu’à la maison pour voir mes parents… Ça peut surprendre mais on a vu qu’il était vraiment motivé et ça m’a motivé aussi »


Dans une interview à Foot d’Avant, Roger Boli a dit que Guy Roux l’avait même accompagné à la foire du Trône pour le faire signer à Auxerre. Toi, quel a été ton premier contact avec Guy Roux ?
Pareil, il est venu jusqu’à la maison pour voir mes parents. Imagine Guy Roux qui avait déjà une une très bonne réputation et qui vient directement voir les parents chez eux pour faire signer le fiston. Ça peut surprendre mais on a vu qu’il était vraiment motivé et ça m’a motivé aussi.


Qu’est-ce qu’il a dit à tes parents ?
Il a dit que j’avais beaucoup de potentiel et qu’il souhaitait que je rejoigne Auxerre. Il a vanté toute la formation avec les joueurs qui étaient déjà en place comme les Cantona ou Boli. Il leur a dit que l’école d’Auxerre était sérieuse, qu’Auxerre n’était pas une grande ville mais une ville à en devenir sur le plan du football. Son discours a bien persuasif et je me suis retrouvé là-bas.


Comment était-il avec toi : gueulard ou protecteur ?
Il était très protecteur comme avec tous les joueurs qu’il avait. A l’époque, il s’occupait de tout le club. Il venait voir ses protégés de toutes les générations. C’était tous les dimanches. Il passait son temps à ça. Il faisait attention à tout et cela lui a permis d’avoir le succès qu’il a connu dans la formation. Guy Roux, c’était aussi la rigueur. Je suis arrivé à Auxerre à 14 ans. J’ai reçu une éducation de la part de mes parents puis de la part de l’AJ Auxerre.


Dans un documentaire, Canal + montrait que les mises au vert de Guy Roux se passaient en forêt. Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ?
Ça m’a marqué. On en a bouffé avant tous les grands matchs. Avant de jouer un match de Coupe de d’Europe ou une rencontre importante de Coupe de France, on passait quelques jours dans le Morvan perdu dans la campagne. On y restait deux nuits et trois jours. On n’avait vraiment rien à part les balades et la soupe. Pas de téléphone portable, rien. C’était vraiment une mise au vert. Les balades en forêt nous permettaient de nous retrouver. C’était un rituel de Guy Roux qui était le premier à être superstitieux. On avait toujours le même programme, chacun avait sa chambre attitrée. En étant là-bas, on ne pensait qu’au match. C’était une très bonne idée pour que les joueurs soient concentrés.


Comment as-tu réussi à t’imposer à l’AJ Auxerre ?
Au début, j’ai eu du mal. Quand je suis arrivé beaucoup de gens avaient spéculé sur moi pour que je joue assez vite en Première Division. Au départ, je devais remplacer le capitaine et ex-arrière gauche qui était Claude Barret. Mais au final, j’ai fait sept ans de centre de formation. J’ai trouvé le temps long, je me suis fait doubler par Stéphane Mahé, un autre arrière latéral du centre de formation d’Auxerre. J’ai dû attendre deux ou trois ans de plus et j’ai donc débuté en équipe première à 21 ans.


« Face à l’Ajax Amsterdan en 1993, nous avons résisté avec beaucoup de difficultés. Pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal car en face de moi, il y avait Marc Overmars. Il avait 19 ans à l’époque et il m’avait mis le bouillon complet »


C’était comment de jouer à l’AJ Auxerre au début des années 90 ?
C’était jouissif. Même en tant que remplaçant. Au début, j’étais souvent sur le banc avec Roger Boli ou Franck Soler. Je voyais évoluer Enzo Scifo, Basile Boli, Eric Cantona, Daniel Dutuel et toute la bande. J’ai beaucoup appris de tous ces joueurs. Basile Boli était mon parrain sportif, Pascal Vahirua m’a appris à ne pas stresser avant les matchs, Eric Cantona avait un fort caractère sur le terrain mais il était très sympa dans la vie quotidienne, Bernard Ferrer m’a vraiment marqué également. C’était très impressionnant d’autant plus que j’étais assis à côté de Guy Roux sur le banc.


Quand tu es jeune et que tu es sur le banc à côté de Guy Roux, tu dois être un peu intimidé ?
Oui, j’étais très intimidé. Quand je l’entendais gueuler sur le banc, je me disais que j’allais me faire dépouiller une fois sur le terrain. J’étais terrifié. Puis de fil en aiguille, tu te rends compte que ça se passe bien.


Quels souvenirs gardes-tu de la victoire en Coupe de France 1994 (ndlr : victoire 3-0 contre Montpellier) ?
Je suis rentré en fin de match et j’ai remplacé Pascal Vahirua. J’ai joué dix minutes et c’était un bonheur. C’était mon premier trophée en Première Division et le premier trophée d’Auxerre. C’était Guy Roux le plus heureux après le match. Je me rappelle avoir dansé avec lui après la victoire en Coupe de France au cabaret le Lido à Paris.


Pendant les années 90, Auxerre se faisait remarquer pour son assiduité et ses performances en Coupe d’Europe. Comment as-tu vécu ces grandes rencontres européennes ?
J’ai fait toutes les campagnes européennes à partir de 1992. J’ai commencé à jouer avec l’équipe première d’Auxerre en Coupe d’Europe contre le Standard Liège. J’ai été propulsé titulaire car Stéphane Mahé était suspendu pour ce match-là. Je me suis retrouvé face à un géant mais je m’en suis bien sorti. J’étais si motivé car j’avais attendu tellement de temps pour être aligné avec l’équipe première d’Auxerre. J’ai effectué une bonne prestation et ça m’a propulsé en Première Division.


Quel match européen t’a le plus marqué avec Auxerre ?
Le match contre l’Ajax Amsterdam en Coupe de l’UEFA en 1993 quand l’Ajax jouait encore dans son stade olympique. Nous devions absolument ne pas perdre par plus de deux buts d’écart là-bas. Auxerre a finalement perdu 1-0. Nous avons résisté avec beaucoup de difficultés. Pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal car en face de moi, il y avait Marc Overmars. Il avait 19 ans à l’époque et il m’avait mis le bouillon complet. Heureusement, nous avons pu résister malgré tout ce soir-là. En Coupe d’Europe, je me souviens aussi de la rencontre de Ligue des Champions face aux Glasgow Rangers en 1996 : en face il y avait une teigne qui s’appelait Paul Gascoigne qui voulait se battre sur chaque ballon. L’AJA avait gagné 2-1 dans la douleur là-bas grâce à un doublé de Thomas Deniaud. Ce jour-là, le gardien remplaçant Lionel Charbonnier s’était blessé et on avait pu compter sur le troisième gardien Fabien Cool qui avait fait une très bonne prestation. Sur le terrain des Rangers, Auxerre avait une équipe très jeune mais nous avions fait le boulot.


« Gérard Bourgoin,  il avait deux ou trois jets mais il n’avait pas de voiture. Quand on sortait de l’aéroport après les matchs lors de l’année du titre, ça m’arrivait de lui laisser ma voiture pour qu’il nous rejoigne boire la dernière bière au bar où toute l’équipe avait rendez-vous »


A Auxerre, quels étaient tes rapports avec ces deux personnages emblématiques du club : Gérard Bougoin et Jean-Claude Hamel ?
J’avais de très bonnes relations avec eux. Gérard, il avait deux ou trois jets mais il n’avait pas de voiture (rires). Quand on sortait de l’aéroport après les matchs lors de l’année du titre, ça m’arrivait de lui laisser ma voiture pour qu’il nous rejoigne boire la dernière bière au bar où toute l’équipe avait rendez-vous. Sinon avec Jean-Claude Hamel, ça s’est toujours très bien passé aussi. Il avait de très bonnes relations avec ses joueurs.


En 1998, tu as rejoint Oviedo en Espagne. Pourquoi as-tu décidé de quitter l’AJA ?
J’avais déjà joué la Ligue des Champions et je me suis dit qu’il était temps d’aller voir ailleurs car j’avais quand même passé 14 ans à Auxerre. Puis à l’AJA il y avait une nouvelle génération qui poussait derrière nous avec les Jaurès et Assati qui évoluaient eux aussi au poste d’arrière gauche. C’était normal que je fasse de la place aux jeunes qui arrivaient.


Est-ce que ça t’a plu le football espagnol ?
Ah j’ai adoré le foot espagnol. J’aurais aimé jouer plus de temps là-bas mais Oviedo est descendu en Deuxième Division lors de ma dernière saison en Espagne en 2000/01. Avec Auxerre, je jouais la Coupe d’Europe pratiquement toutes les saisons donc ça me faisait découvrir d’autres horizons. Quand je suis arrivé au Real Oviedo, il y avait un bon groupe avec onze nationalités différentes. Ça m’a permis de voyager même à l’intérieur du club. Le top, c’était de tomber contre un gros tous les quinze jours en championnat : le Barça, le Real Madrid, l’Atletico Madrid, le Celta Vigo, Valence ou le Deportivo La Corogne. C’était ma petite Coupe d’Europe même si je ne jouais plus la Ligue des Champions avec Oviedo.


Quels joueurs t’ont impressionné en Liga ?
Il y en a deux : Luis Figo qui était un client costaud et tenace mais aussi Roberto Carlos. Le football espagnol était un football spectacle, il n’y avait que des duels en un contre un. C’est pour ça qu’il y a du monde dans les stades car on voit souvent du beau jeu. Pendant un an aussi, j’ai été coaché par Luis Aragones l’ex sélectionneur de l’Espagne. C’était un plaisir. En plus c’était un fan de Guy Roux. J’étais très proche de lui et nous avons passé une année formidable. Lui c’était quelqu’un de cœur qui faisait du grand spectacle pour te motiver. Je l’ai défendu quand il y a eu la polémique avec Jose Antonio Reyes et Thierry Henry. Il y avait eu une erreur de traduction et ça avait fait tout un pataquès. Il avait souffert de cette polémique.


« Quand tu sors de plusieurs années à Auxerre, tu restes professionnel jusqu’au bout »


Pourquoi es-tu parti d’Espagne en 2001 pour rejoindre Guimaraes au Portugal puis la Grèce ensuite ?
J’ai quitté l’Espagne car le président d’Oviedo avait recruté onze joueurs de nationalités différentes pour venir chatouiller le Barça et le Real Madrid. Des promesses ont été faites et respectées lors des deux premières années mais la troisième année a été celle de trop car il n’y avait plus de sous dans les caisses. Pendant plusieurs mois, nous n’avons pas été payés. Donc je suis parti à Guimaraes pour une raison pratique car j’avais engagé une procédure contre le Real Oviedo pour récupérer mes billes et Oviedo est à environ 5 heures de route de Guimaraes.


Alors finalement tu les as récupérées ?
J’ai récupéré l’essentiel. Je suis resté seulement une saison à Guimaraes car le championnat portugais ne m’a pas du tout plu. J’ai ensuite tenté une expérience en Grèce car Xanthi s’était rapproché de mon agent. Je suis parti en Grèce pour juste un an aussi.


Comment tu t’es retrouvé ensuite à la Réunion ?
Un jour, les anciens de Marseille sont venus faire un match de gala à la Réunion avec Waddle ou Basile Boli. A l’époque, mon meilleur pote travaillait pour la com’ de Marseille. Donc un soir, l’entraîneur de l’US Tamponnaise a demandé s’il connaissait un joueur expérimenté capable de chapeauter son équipe de jeunes. A cette époque, j’avais commencé à construire mon après-carrière près de Chablis avec une maison d’hôtes. Et c’est à ce moment-là que l’US Tamponnaise s’est rapproché de moi. J’ai accepté pour voir ce qu’il s’y passait. Je suis arrivé en plein mois de novembre à la Réunion. Et j’y suis toujours aujourd’hui.

Quelles étaient les spécificités du foot à la Réunion au milieu des années 2000 ?
Déjà il y a les superbes conditions. Je suis arrivé ici à 34 ballets. Donc il fallait que je cours tous les dimanches après-midi à plus de 30° après des joueurs qui étaient beaucoup plus jeunes que moi. J’avais un contrat fédéral et je prenais mon rôle très au sérieux. Quand tu sors de plusieurs années à Auxerre, tu restes professionnel jusqu’au bout.


As-tu joué face ou avec des joueurs réunionnais connus ?
Oui, j’ai évolué contre Dimitri Payet qui était de retour sur l’île à l’époque à Saint-Joseph. J’ai joué aussi contre Guillaume Hoarau qui était à Saint-Pierre. A un moment, il y avait aussi Didier Agathe qui a évolué au Celtic Glasgow. Lui aussi jouait à Saint-Pierre mais à cause d’un problème de genou il a été gêné pour jouer. C’est dommage car Saint-Pierre, c’est sa ville. J’ai retrouvé Claude Barrabé (ndlr : ex-gardien emblématique de Montpellier) qui était entraîneur mais aussi les deux anciens de l’AJA, Jean-Sébastien Jaurès et Eric Assati.


Comment étaient Dimitri Payet et Guillaume Hoarau quand ils évoluaient encore à la Réunion ?
A l’époque, Guillaume Hoarau était remplaçant même s’il avait des qualités. C’est la période qui a précédé son départ au Havre. Dimitri Payet avait déjà fait un passage au centre de formation du Havre et était revenu sur l’Île de la Réunion. Quand j’avais joué contre lui, il était convoité à l’époque par le FC Nantes car le club avait un partenariat avec Saint-Joseph. Sur le terrain, on voyait qu’il avait des qualités. Après à la Réunion, on est bien lotis, il fait beau 320 jours dans l’année et donc il y a moins l’envie de se dépasser. Mais je pense que le fait que Dimitri Payet ait connu l’échec au centre de formation du Havre, cela lui a donné des ailes pour repartir de l’avant et c’est pour ça qu’il a brillé à Nantes ensuite.


Propos recueillis par Clément Lemaître


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