Sélectionner une page

Il existait un temps pas si lointain où regarder une compétition sportive était encore synonyme de croire à l’impossible, de victoire de David contre Goliath et de déjouer tous les pronostics. Mais force est de constater que plus le temps passe, et plus les surprises dans le football se font rares et que l’équipe supposée gagner est souvent celle qui gagne à la fin. En France, les 9 titres consécutifs du Paris-Saint-Germain dans les 2 coupes nationales en sont une terrible preuve, tout comme les 3 titres consécutifs du Real Madrid de Zidane et Ronaldo lors des trois dernières éditions.

Beaucoup de surprises jusqu’à l’arrêt Bosman

Et pourtant, depuis la création de la version moderne de la Ligue des Champions en 1992, ce sont les surprises qui nous auront toujours plus marqué que le respect de la logique sportive. Dès la première édition de la nouvelle mouture de la C1, c’est un vainqueur surprise qui va soulever la Coupe aux grandes oreilles, avec l’unique sacre d’un club français dans la plus grande compétition européenne. La victoire de Marseille face à l’AC Milan en finale était impensable en début d’année, et pourtant la tête supersonique de Basile Boli a permis l’exploit possible.

L’année suivante, la victoire en finale de l’AC Milan face au grand favori Barcelonais et son maître à jouer Johan Cruyff sera une autre surprise, tout comme le dernier sacre de son histoire de l’Ajax d’Amsterdam en 1995, pourtant loin de son niveau d’antan, avec toujours l’AC Milan en finale. L’année d’après, l’Ajax reviendra toutefois en finale, face à la Juventus cette fois, mais s’inclinera. Depuis, le club néerlandais est devenu un modeste club se battant dans les phases de poule de la Ligue Europa, loin du faste de la Ligue des Champions, car 1996 coïncidera également avec l’année de la mise en application de l’arrêt Bosmanfacilitant les transferts des joueurs de tout pays et avantageant par là-même les clubs les plus riches.

2004, la seule exception à la règle

La statistique est alors terrible. Depuis la saison 1996-1997, seuls 4 pays ont été représentés en finale de la Ligue des Champions, sans surprise les 4 championnats les plus riches, à savoir Angleterre, Espagne, Italie et Allemagne, à l’exception notable de l’année 2003-2004, dernière année où tous les plus grands spécialistes des pronostics sur la Ligue des Champions se sont retrouvés le bec dans l’eau avec une improbable finale entre Monaco et le club portugais du FC Porto. Cette année-là, ce sera surtout Monaco qui enchaînera les exploits, éliminant les Galactiques du Real Madrid en quarts de finale et ensuite Chelsea en demi-finales. Dans l’autre moitié du tableau, la demi-finale entre Porto et La Corogne était tout aussi imprévisible. Ces surprises lors de cette année ont été permises par le changement de format, éliminant une deuxième phase de poules pour la remplacer par des huitièmes de finale plus indécis.

Malheureusement, les plus grands clubs ont rapidement pris la mesure de ce nouveau format, et plus aucune édition de la Ligue des Champions ne fut remportée par un des non-favoris de la compétition. Mais en-dessous de la finale, on peut toutefois se rappeler de quelques sensations qui ont su redonner des frissons à ceux qui toujours supportent le Petit Poucet. On se rappelle tous de la victoire de l’Apoel Nicosie face à Lyon en huitièmes de finale, en 2012. Ce fut la première, et probablement dernière fois, qu’un club chypriote atteignait les quarts de finale de la C1. En remontant un peu le temps, la qualification du PSV Eindhoven face à l’Arsenal de Thierry Henry en 2007 avait aussi été un coup de tonnerre sur l’Europe, tout comme la présence de Lyon en demi-finales en 2010, à l’époque mené notamment par un Anthony Réveillère qui s’est trouvé un nouveau challenge après sa retraite au sein de l’équipe des Shooting Stars de PokerStars, ou de Schalke 04, au même stade en 2011.

De nos jours, en Ligue des Champions comme en championnat, et même en Coupe de France et de la Ligue où les possibilités de victoire finale pour des clubs comme Lorient, Nancy ou Guingamp n’existent plus comme il y a 10 ans de cela, le suspense n’est pas encore mort mais il ne concerne plus que les équipes du haut du panier. Et c’est dans les places d’honneur seulement que des surprises peuvent encore se trouver désormais. Dommage…