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Cédric Mionnet, qui s’était confié sur son début de carrière la semaine passée (lire l’interview en cliquant ici), est revenu sur la suite de l’épopée du CS Sedan Ardennes. Des débuts en D1 en 1999 à la saison 2000-01 marquée par la victoire éclatante face au PSG (5-1) en passant par les fameuses Smart aux couleurs du club ou la Coupe Intertoto, l’ancien attaquant n’a éludé aucun sujet. Cédric Mionnet a également évoqué sa très grave blessure dont il a été victime à Nantes en mars 2001.

 

Cédric Mionnet, après la montée de Sedan en D1 en 1999, as-tu été sollicité par d’autres clubs ?
J’étais troisième meilleur buteur de D2 (17 buts) mais aucun club ne m’a proposé quelque chose. Ça me paraît bizarre avec le recul. Est-ce que mon agent de l’époque était trop important pour moi ? Ou laissait-il mon dossier à un stagiaire (rires) ? Mais bon, moi j’étais tellement heureux de pouvoir jouer en D1. Je ne me voyais pas partir de Sedan et quitter cette équipe. Pour moi, c’était impossible de changer de club.

 

Avant le début de la saison, les observateurs disaient que Sedan allait finir dernier. Est-ce que cela a agacé le groupe ?
C’était agaçant d’être pris pour les bouseux de service. Parfois en National, des gens pensaient que Sedan était en Belgique. C’était rageant mais cela a fait notre force aussi. On n’était pas surpris. Après deux montées successives, peut-être qu’ils se sont dits que cela allait coincer pour nous. Mais nous, on a joué notre rôle. On avait une équipe composée de joueurs de caractère, capables de renverser des montagnes. D’ailleurs, on l’a montré sur le terrain et en dehors.

 

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Pour ton premier match en D1, Sedan se déplace à Marseille (défaite 0-3). Tu étais entré en cours de rencontre. Quels souvenirs en gardes-tu ?
Franchement, je me suis demandé où j’étais. C’était un truc de fou. On était un peu en visite guidée. Moi, c’était limite si je n’étais pas avec mon appareil photo. On avait senti une pression énorme, notamment avec ce public marseillais qui était omniprésent. On a pris 3-0, on n’a rien vu. C’était un bon apprentissage. Après ce match-là, j’ai vraiment réalisé qu’on était dans la cour des grands. Je me suis dit : ‘maintenant, il va falloir jouer, mettre le bleu de chauffe et montrer qu’on n’est pas là par hasard’. Je pense que c’était le bon match pour avoir ce genre de déclic.

 

Lors de la deuxième journée, Sedan reçoit Nancy (3-1) et tu ouvres ton compteur buts dans l’élite…
Jouer en National, pour moi c’était déjà le haut niveau. En D2, n’en parlons pas. Alors là, la D1, et en plus marquer… C’était le rêve de tout gamin, même si je n’en ai jamais rêvé. Ce premier but a été quelque chose de fort, dans mon jardin à Emile-Albeau en plus. Je me suis dit que j’étais capable de marquer un but dans l’élite. A ce moment-là, je pense aussi à Monsieur Urano et Bruno Metsu qui m’ont donné ma chance.

 

En parlant de Pascal Urano, il avait offert une Smart aux couleurs du club à chaque joueur, avec le nom et le numéro dessus. Comment avait-il eu cette idée ?
Monsieur Urano est un grand chef d’entreprise dans le BTP mais également dans l’automobile. Il avait notamment plusieurs concessions Mercedes, dont celle de Charleville-Mézières (ndlr : à une vingtaine de kilomètres de Sedan). Lors du lancement de la Smart, il avait eu l’idée de mettre une voiture à disposition de chaque joueur aux couleurs de Sedan. Sur chaque véhicule, il y avait le numéro et le nom. Cela a fait un buzz de folie. Après, il a vendu beaucoup de voitures grâce à cette publicité. C’était malin de sa part.

 

Est-ce que tu roulais au quotidien à Sedan avec ta Smart, floquée du numéro 20 ?
Ah ouais, ouais, ouais. La voiture était prêtée par le club donc je l’utilisais pour venir à l’entraînement ou aux matches. Après, ce n’était pas une obligation non plus.

 

Est-ce que tu étais interpellé par les gens dans la rue ?
Ah oui, c’était même dangereux parfois. Avec cette voiture-là, on ne pouvait pas aller au-delà de 120 km/h. Quand les supporters me doublaient sur l’autoroute, ils restaient à la même hauteur que moi sur la voie de gauche. Ils me faisaient un signe, derrière ils me doublaient, après ils ralentissaient et ainsi de suite. C’était un truc de folie. Après je me souviens surtout quand j’allais à Cora, j’essayais de ne pas me garer trop près des magasins car sinon les fans faisaient le tour du centre commercial pour aller à ma rencontre. C’était agréable. A Sedan, je ne suis jamais tombé sur des fous. Il y avait un respect du joueur. Comme on était abordables, les gens n’en profitaient pas non plus. C’était vraiment bon enfant et appréciable.

 

Que devient ta Smart de l’époque ?
Pour la petite histoire, une association a sollicité Monsieur Urano pour organiser une tombola afin d’envoyer des enfants de Sedan défavorisés en vacances durant l’été. Le président m’a donc parlé de cette association et m’a conseillé de mettre ma Smart parmi les lots. Normalement, ce genre de tombola permet d’offrir des vacances juste pour un été, là grâce à la voiture, ils ont pu partir trois années de suite. Monsieur Urano peut apparaître très dur d’apparence mais il a un gros cœur.

 

« A l’entraînement, il fallait passer les barbelés pour aller chercher son ballon, avec des vaches derrière. Il y avait deux vestiaires mais ils étaient tellement petits qu’on était obligés de se faire masser dehors »

 

Sedan a terminé la saison 1999-2000 à la 7e place de D1. Comment l’expliques-tu aujourd’hui ?
On était sur une très belle dynamique avec les deux montées successives et notre parcours en Coupe de France. Les supporters sedanais ont joué un rôle important et nous ont souvent permis de gagner à domicile. Ils nous ont transcendés, moi le premier. J’étais un autre homme. Ils m’ont permis d’aller au-dessus de mes moyens. Aussi, il y avait énormément de joueurs de qualité avec une excellente mentalité. On jouait en équipe, on se faisait mal ensemble.

 

A l’été 2000, de nouveaux joueurs sont arrivés comme Toni Brogno, Moussa N’Diaye, Salif Diao et Modeste M’Bami. Qu’ont-ils apporté à l’équipe qui était déjà bien lancée ?
Déjà eux se sont demandés ce qu’ils foutaient là. Mais dans le bon sens du terme, parce que Moussa N’Diaye et Salif Diao avaient côtoyé le très haut niveau à Monaco. Et là, ils se sont retrouvés à s’entraîner à Cheveuges (ndlr : environ dix kilomètres de Sedan) où il fallait passer les barbelés pour aller chercher son ballon, avec des vaches derrière. Il y avait deux vestiaires mais ils étaient tellement petits qu’on était obligés de se faire masser dehors. Après, ils se sont vite fondés dans le groupe, car on n’était pas une équipe compliquée. Toni Brogno, c’était un concurrent pour moi, mais je trouvais que c’était une belle personne. Il voyait le club d’abord. Ces joueurs-là nous ont apporté leur expérience. Eux aussi avaient besoin de se relancer, la preuve Moussa N’Diaye a fait une belle carrière, Salif Diao est parti à Liverpool derrière, Modeste M’Bami est allé au PSG après Sedan. Le CSSA, c’était aussi un super tremplin.

 

Clin d’œil du destin, tu entraînes également le club de Cheveuges actuellement…
Je suis revenu aux sources, rien n’a changé. On est en Départemental 2. J’ai obtenu mon BEF (brevet d’entraîneur de football) qui me permet d’entraîner jusqu’en National. J’ai toujours entraîné des jeunes et là j’ai pris en main l’équipe seniors.

 

Au début de la saison 2000-01, Sedan a joué la Coupe Intertoto et a été éliminé à Wolfsburg à dix minutes de la fin…
Même si ce n’était que la Coupe Intertoto, c’était magique de jouer à l’étranger. Pour moi, c’était quelque chose de fort. On est allé en Islande, en Allemagne. J’ai gardé des souvenirs magnifiques. C’était une récompense du travail accompli lors des années précédentes. Que ce soit en Coupe d’Europe ou en championnat de France, nous les joueurs étions chouchoutés et mis dans les meilleures dispositions. On avait des beaux hôtels, on mangeait équilibré, on avait des bus à disposition, on était escortés. Cela m’a toujours fait drôle d’avoir ces prestations, mis à part en National où on faisait des heures et des heures de bus.

 

« Quelques années après Sedan-PSG, Philippe Bergeroo m’a dit : ‘Quand tu étais joueur, tu en as fait chier des défenses, je sais de quoi je parle’ »

 

En championnat, il y a eu deux succès marquants : face à l’OM (2-0) puis contre le PSG (5-1), où tu as marqué à chaque fois un but. Que retiens-tu de ces deux rencontres ?
Marquer contre des clubs prestigieux comme ça, c’était valorisant. Surtout que dans ma famille, il y en a plein qui sont pro-Paris ou pro-OM. Cela m’arrivait d’échanger les maillots pour faire plaisir aux membres de ma famille ou à des amis. Contre Marseille, j’avais échangé mon maillot avec Franck Leboeuf. Je l’ai offert à mon beau-frère. Il était complètement fou, ses yeux pétillaient. Il l’a d’ailleurs conservé précieusement. C’est là où on se rend compte qu’un maillot, c’est énorme pour un supporter. Moi, j’avais la chance de côtoyer ces personnes-là. On me posait beaucoup de questions : ‘comment ça s’est passé le match ? comment untel était ? Est-ce que c’est un con ?’ (rires). Les gens buvaient mes paroles et ça faisait drôle.

 

Puis ce match face au PSG (5-1), c’est le sommet de cette époque sedanaise…
Ouais, c’est vrai que c’était une super période, on vivait quelque chose de fort. Tout le monde s’en souvient ici. Dès qu’on commence à parler des buts que j’ai marqués, c’est celui-ci qui vient en premier. Une dizaine d’années plus tard, Edinson Cavani a inscrit un but semblable, qui est passé sur toutes les télés du monde. Il y a quelqu’un qui était intervenu en disant : ‘attendez, le même but a déjà été inscrit’. Il avait superposé le but d’Edinson Cavani et le mien. Ça m’a fait plaisir parce que ça voulait dire que les gens se souvenaient de mon but.

Quels étaient les ingrédients pour mettre une telle volée au PSG ?
Ce jour-là, tout nous a réussi. Pius (N’Diefi) a marqué du gauche de loin en pleine lunette. Il n’en a jamais retenté des comme ça. Après, il y avait aussi la confiance du collectif. En face, ce n’était pas trop la joie à l’époque. Derrière, Philippe Bergeroo a malheureusement été écarté par le PSG. Pour la petite histoire quand j’ai passé mes diplômes d’entraîneur quelques années plus tard, il y avait une partie pratique, et il fallait tirer un sujet au sort. Et derrière, on devait présenter le pourquoi du comment de notre séance. Puis il y avait les questions du jury, dont faisait partie… Philippe Bergeroo. Le thème de ma présentation était le travail d’une défense en zone. Et là il me lance : ‘alors, ça été simple pour toi. Quand tu étais joueur, tu en as fait chier des défenses, je sais de quoi je parle’. Il faisait référence à ce fameux match. Je me suis dit : ‘oh purée, il va me saquer’ (rires). Et en fait pas du tout. C’est quelqu’un de très humain et il ne m’a pas du tout tenu rigueur de ma prestation face au PSG.

 

Lors de cette période-là, Sedan a souvent été sur le podium de D1, et même parfois premier. Avec du recul, est-ce que le CSSA aurait pu conserver cette position jusqu’à la fin (ndlr : il a fini 5e) ?
Oui. Après je ne suis pas du genre à me mettre en avant, bien au contraire, mais à l’époque, j’étais en pleine bourre et j’ai eu ma grave blessure. Malheureusement pour Sedan, il manquait la présence d’un attaquant supplémentaire. En plus, c’est la période où on a perdu Nicolas Sachy sur blessure. Il restait dix matches et on avait l’opportunité d’accrocher cette place en Ligue des champions.

 

« Avant Nantes-Sedan, Bordeaux, Montpellier et le Celta Vigo s’intéressaient à moi »

 

A Nantes en mars 2001, tu subis une très grave blessure à un genou…
A ce moment-là, j’ai dix buts au compteur et je commence à intéresser pas mal de clubs. J’avais Bordeaux, Montpellier et le Celta Vigo. Malgré ma petite taille (1m69), ils ont sûrement trouvé que j’étais adroit devant le but adverse. Malheureusement, il y a ce face-à-face avec Nicolas Gillet où je suis obnubilé par le but. Je vois Mickaël Landreau qui est avancé, je pousse mon ballon, je fais mon crochet mais manque de bol, mon pied d’appui reste au sol et il est arrivé avec les deux pieds en avant. Il me tape en dessous du genou et ma jambe a été retournée. C’était une très, très grosse blessure. Tout s’est anéanti en l’espace d’une seconde. Puis ça été la descente aux enfers. Il n’y avait plus rien qui tenait sur la jambe, les ligaments croisés postérieurs, antérieurs et latéraux internes, mais aussi les ischios ont été pulvérisés. J’ai eu la chance d’être footballeur professionnel car les images ont tout de suite été envoyées au professeur Jaeger, qui est spécialiste du genou. Il avait déjà opéré Zinédine Zidane et Ronaldo. Ça m’est arrivé le samedi et le dimanche soir, j’étais à l’hôpital à Strasbourg, pour l’opération le lundi matin. Cela a duré sept heures, il a fait du très bon boulot. Il a remis tout ça d’équerre.

 

Quelle a été ta première pensée sur l’action ?
Je me suis demandé si j’allais pouvoir remarcher, si je n’allais pas boiter. Pour moi, l’objectif était de pouvoir jouer au football avec mes enfants et me promener. Il a été atteint, même plus qu’atteint puisque je n’ai pas eu de complications. J’ai eu une rééducation au top, notamment avec les kinés de Sedan. J’ai mis sept mois et demi pour revenir à la compétition. Au départ, on m’avait parlé d’un an et demi d’absence. Mais l’athlète de haut niveau est plus fort que tout et je n’ai pas été suivi sur le plan mental. Je pensais que cela allait me forger, que j’allais revenir plus fort. Finalement, ce n’est pas ce qui s’est passé. Ma force sur le terrain était de provoquer, d’aller au contact, de faire des dribbles. Après ma blessure, dès que j’étais en face-à-face, je cherchais les une-deux qui n’avaient pas lieu d’être. Je ne retrouvais plus mon jeu. Puis derrière, la machine a été déréglée et les clubs ont fait une croix sur moi, ce que je peux comprendre vue l’ampleur des dégâts. Derrière, j’ai été de déception en déception. J’avais une seule peur, c’était de ne pas me blesser. Sauf que ça arrivait à chaque fois. En fin de compte en 2006, c’est le long péroné, qui s’attache au gros orteil et va sous le pied jusqu’au tibia, qui a cédé.

 

Comment cela est arrivé ?
Ça m’est arrivé tout seul, je fais un passement de jambes et j’entends un “clac” (ndlr : sur l’autre jambe). J’ai de nouveau été voir le professeur Jaeger, puis le professeur Saillant. Ma blessure, c’était du jamais vu. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il était temps de raccrocher les crampons car mon corps m’a lancé un signe.

 

Le jour de ton retour à la compétition, en octobre 2001, tu marques à domicile face au PSG (1-2). Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ?
J’étais à la limite de pleurer. Il y a eu tellement, tellement d’efforts fournis pour revenir au haut niveau. Il faut le dire, on se sent seul au monde. Je me suis battu comme un lion, j’en faisais deux fois plus. Je n’ai rien lâché. J’ai fait subir ça à l’ensemble de ma famille, dont ma femme qui a supporté mes humeurs et mon souhait de revenir au plus haut niveau. Ma famille a subi un traumatisme aussi. Là, de revenir et de pouvoir marquer, c’était quelque chose d’énorme. Quand les supporters sedanais ont vu qu’il y avait un but, ils ont hurlé leur joie. Puis il y a eu un second souffle, un second “ouah”, parce qu’ils ont vu que c’était moi qui avait marqué. On aurait cru qu’il y avait eu deux buts. Cette sensation, je ne l’oublierai jamais. Les joueurs et le staff étaient aussi super contents pour moi. C’était un moment magique.

 

« Quand j’allais à l’entraînement, je n’avais qu’une seule chose en tête : ne pas me blesser »

 

En janvier 2003, tu arrives à Nice. Qu’as-tu retiré de cette expérience ?
C’était une déception pour moi car je suis arrivé au mercato. Gernot Rohr m’a fait signer trois ans et demi. Les six premiers mois, ça s’est bien passé. J’ai souvent joué. Puis lors de la préparation de la saison suivante, tout a changé, parfois je n’étais même pas dans le groupe. Je n’ai pas trop compris sur le coup. Puis quand j’ai vu les arrivées de Kaba Diawara et Lilian Laslandes, je me suis dit que mes jours étaient comptés. Gernot Rohr voulait des grands devant. On a échangé et il ne voulait plus de moi dans l’équipe. Comme je suis quelqu’un d’entier, je ne me voyais pas rester trois ans sans jouer. Pourtant il y a pire que vivre tranquille mimile à Nice et sa région. J’ai donc demandé à résilier mon contrat.

 

Ensuite, tu as rejoint le FC Rouen qui évoluait en National…
Rouen, j’en garde de bons souvenirs. C’était sous l’ère Jean-Guy Wallemme. Il voulait à tout prix que je vienne. Mais pareil, j’ai eu une blessure au tendon d’Achille. Pourtant, j’ai joué et marqué pas mal de buts en début de saison. Malheureusement, après je n’ai pas pu jouer. C’était une déception pour moi car je voulais rebondir. Le FCR est un bon club. Et malheureusement, je n’ai pas pu faire le job car le club comptait beaucoup sur moi. Au Stade Robert-Diochon, il y avait un bel engouement. Le public était connaisseur. Il y avait aussi un bon petit groupe, il y avait moyen de faire de très belles choses.

 

Puis tu as fini ta carrière à Tours…
Albert Falette est venu me chercher. Les dirigeants de Tours ont été super avec moi. Mais ma blessure m’a fait mal physiquement et mentalement. Quand j’allais à l’entraînement, je n’avais qu’une seule chose en tête : ne pas me blesser. Un truc de fou. J’étais obnubilé par ça. Quand je finissais l’entraînement, je me disais : ‘super, je n’ai pas de bobo’. Mais quand je revenais à mon meilleur niveau, bam claquage, déchirure ou entorse. Il y avait toujours quelque chose jusqu’à cette grosse blessure au long péroné en mars 2006.

 

Le journal L’Ardennais t’a élu joueur du siècle du CS Sedan (devant Pius N’Diefi et Claude Brény) en 2019. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
C’est un truc de fou. Ils avaient sorti du chapeau un nombre incalculable de joueurs qui avaient marqué l’histoire du club. Ce classement s’est constitué à l’issue d’un vote. Je suis arrivé en tête. Le fait que je suis revenu dans le département, que je sois attaquant et qu’on ait marqué les esprits avec cette épopée a sûrement joué. C’était une surprise. J’étais fier de voir que j’étais encore adulé. Je suis fier de ma carrière car quand j’ai commencé on me reprochait d’être trop petit. C’est finalement devenu une force. Si j’ai réussi cette carrière, c’est surtout grâce à ma famille et ma femme, qui m’ont toujours soutenu. Mon père m’a toujours dit les choses justement. On a constamment été sincère avec moi. Et je n’oublie pas aussi ce lien que j’ai toujours eu avec les personnes handicapées. J’allais dans les centres après les matches et je peux te dire qu’elles te remettent tout de suite dans le droit chemin. Elles sont sans filtre. Si tu étais bon, tu étais le meilleur, le Dieu. Si tu n’étais pas bon, tu étais une merde. Tout ça, elles te le disaient et quelque part, ça faisait du bien. Elles te parlent avec leur cœur, et ça m’a permis d’avancer en tant qu’homme.

Propos recueillis par Clément Lemaître

Retrouve la première partie de l’interview en cliquant ici