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En ce jour de huitième de finale de Coupe du Monde France-Argentine, Foot d’Avant a composé le onze type des joueurs argentins ayant brillé en Ligue 1 dans les années 90 et 2000. Des joueurs dont le jeu a été décrypté par l’ancien Lillois Fernando D’Amico . Et vous, auriez-vous vu un autre Argentin dans cette équipe ?

 

Sergio Goycochea : Brest (1992), Argentine (44 sélections)
Prononcer son nom vous fait faire un bon de 28 ans en arrière. Retour à la Coupe du Monde 1990 en Italie. Lors du deuxième match de l’Argentine face à l’URSS, le gardien de but titulaire Nery Pumpido se blesse. Sergio Goycochea le remplace et sera l’une des révélations du Mondial italien qui a cependant dû s’incliner en finale face à l’Allemagne de l’Ouest d’Andreas Brehme. «  Il nous a beaucoup sauvés lors de la Coupe du Monde 1990. C’était le spécialiste des tirs au but », se souvient Fernando D’Amico à propos de l’ex-gardien de but reconverti dans le monde des médias en Argentine.

En France, il n’a joué que onze petits matchs sous les couleurs du Stade Brestois qui avait pourtant un bel effectif avec David Ginola ou Stéphane Guivarc’h. Lui aussi a dû trouver un autre club suite à la rétrogradation administrative de Brest.


Hugo Ibarra : Monaco (2003/04), Argentine (11 sélections)
C’est à Porto qu’Hugo Ibarra a débuté sa carrière en Europe en 2001. L’Argentin a du mal à faire sa place, alors l’Argentin est prêté un an à son ancien club, Boca Juniors, puis à Monaco la saison suivante. Une saison réussie. Le côté droit monégasque Giuly-Ibarra a fait très mal aux adversaires. Quitte parfois à oublier ses taches défensives. « C’était un excellent latéral droit, très offensif, un peu le même style que Cafu, se rappelle Fernando D’Amico. Mais avec la sélection argentine, il n’a pas réussi à s’illustrer ». Contrairement aux grandes soirées Ligue des Champions avec l’AS Monaco et notamment ce 6 avril 2004 lorsqu’il tenta le coup du foulard pour centrer face aux Galactiques du Real Madrid mais aussi ce 5 mai 2004 où son but à Chelsea (2-2) a ouvert les portes de la finale aux Monégasques. Une finale perdue quelques jours plus tard face à Porto qui le prêtera la saison suivante à l’Espanyol Barcelone.


Nestor Fabbri : Nantes (1998/02), Guingamp (2002/03), Argentine (22 sélections – 2 buts)
A l’issue de ses quatre belles saisons à Boca Juniors entre 1994 et 1998, Nestor Fabbri arrive au FC Nantes pour apporter toute sa grinta en défense. Mission accomplie. En quatre ans au FC Nantes, « El Presidente » a remporté cinq titres dont le championnat de France en 2001 avec les Canaris. Il reste l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire du FC Nantes. « Il est aussi sorti des Old Boys comme moi et mon frère Patricio, rappelle Fernando D’Amico. C’était un très bon défenseur central avec une grosse personnalité et une superbe patte gauche. Quelle sens du placement aussi ce joueur ! »

En 2002, Nestor Fabbri part à Guingamp. La saison 2002/03 reste la meilleure saison de l’histoire de l’EAG en Ligue 1. Certes il y avait Didier Drogba et Florent Malouda devant, mais Nestor Fabbri tenait la baraque derrière. Aujourd’hui, l’ancien défenseur central nantais et guingampais gère une agence de loterie en Argentine.


Gabriel Heinze : PSG (2001/04), OM (2009/2011), Argentine (72 sélections, 3 buts)
Arrivé dans l’ombre de Ronaldinho en 2001 au PSG, Gabriel Heinze s’est rapidement imposé comme un leader dans l’effectif de Luis Fernandez. Jusqu’en 2004, il a fait régner l’ordre dans la défense parisienne même s’il n’a jamais remporté le titre de champion de France avec le club de la capitale. « Lui, il avait beaucoup, beaucoup de grinta sur le terrain et était très costaud mentalement, se souvient Fernando D’Amico. Il a été très important pour Paris, Marseille mais aussi pour la sélection nationale. Il avait une superbe mentalité et était très malin. Un jour, lors d’un Lille-PSG, sur un corner, il m’a dit : « allez Fernando, on est tous les deux Argentins, laisse moi marquer ». Je lui ai répondu : « je m’en fous que tu sois Argentin, ici c’est le terrain, c’est la guerre » ». En 2009, Gabriel Heinze signe à Marseille où il remporte le titre de Champion de France à l’issue de la saison et la Coupe de la Ligue en 2011 avant de partir à la Roma. Après avoir bouclé la boucle avec les Newell’s Old Boys, Gabriel Heinze entraîne désormais Velez Sarsfield.


Juan Pablo Sorin : PSG (2003/04), Argentine (76 sélections, 12 buts)

Le porte bonheur du PSG. Lors des 26 rencontres jouées avec le club de la capitale lors de la saison 2003/04, jamais le PSG n’a perdu. Mieux, lorsqu’il était aligné, Juan-Pablo Sorin effectuait toujours des matchs propres défensivement se permettant quelques montées qui faisaient la différence sur son côté gauche. « Il est sorti du même quartier que moi et nos parents se connaissaient. Lui il a fait une superbe carrière en équipe d’Argentine et une très belle saison avec le PSG, souligne Fernando D’Amico. Dommage que Paris ne l’a pas conservé. Quand j’ai joué contre lui, on s’est pas mal accrochés (rires). A l’époque, c’était un joueur majeur en Argentine. En dehors du terrain, c’est un grand monsieur et quelqu’un de très respectueux ».

Malgré ses belles prestations, Juan-Pablo Sorin n’a pas permis à Paris de remporter son troisième titre de champion de France, échouant derrière l’Olympique Lyonnais au printemps 2004. A l’issue de son prêt, Vahid Halilhodzic ne le retiendra pas. L’actuel consultant fera les beaux jours de Villarreal.


Fernando D’Amico : Lille (1999-2003), Le Mans (2003-2005)
Son interview sur Foot d’Avant à lire juste ici


Lucho : Marseille (2009/2012), Argentine (45 sélections, 6 buts)
Lucho Gonzalez a été l’une des recrues phares de l’OM en 2009. Didier Deschamps et le club olympien ne se sont pas trompés : Marseille a arraché le titre de Champion de France dix-huit ans après la victoire en Ligue des Champions. Acheté 18 millions d’euros, Lucho Gonzalez est monté crescendo au cours de la saison pour finir en apothéose. « C’est le maître du temps, indique Fernando D’Amico. C’est lui qui donne le tempo de son équipe. Il peut jouer numéro 8 ou milieu droit. Sa technique est impressionnante ».

Avec l’actuel milieu de terrain de l’Atletico Paranaense, Marseille a aussi remporté trois Coupes de la Ligue et atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions. Un commandant de luxe.


Marcelo Gallardo : Monaco (1999/2002), PSG (2007/08), Argentine (44 sélections, 14 buts)
A Monaco en 1999/00, il y avait un duo d’attaque de choc : Marco Simone-David Trezeguet. Il y avait aussi un maître à jouer derrière eux : Marcelo Gallardo. Dès sa première saison avec l’ASM, il a remporté le titre de champion de France. « El Muñeco (la poupée), j’ai joué pas mal de fois contre lui. Mon premier match de D1, c’était contre Monaco en août 2000, se souvient Fernando D’Amico. J’avais eu la lourde tâche de le prendre au marquage. Il avait été surpris de ma gnaque. Pour moi, c’est le meilleur argentin qui a joué dans le championnat français dans les années 90-2000. Il était très fort pour effectuer la dernière passe, pour dribbler son adversaire ou tirer les coups-francs. Le numéro 10 typique argentin comme Pablo Aimar, Juan-Roman Riquelme. Il a fait une très, très belle carrière ». Après un passage correct au PSG, Marcelo Gallardo est devenu entraîneur de River Plate. « Aujourd’hui, il est devenu un très grand coach, une référence, note Fernando D’Amico. Je crois qu’il pourrait être le prochain sélectionneur de l’Argentine ».


Carlos Bianchi : Reims (1973/1977 puis 1984/85), PSG (1977/1979), Strasbourg (1979/80), Argentine (14 sélections, 7 buts)
Certes il ne jouait plus au football dans les années 90-2000 mais il était impossible de ne pas mentionner le nom de Carlos Bianchi, cinq fois meilleur buteur du championnat de France. Idole du Parc des Princes et du Stade Auguste Delaune, Carlos Bianchi est un homme « bien éduqué et qui a la classe à la française », dixit Fernando D’Amico. « C’est mon idole, enchaîne-t-il. Je le supportais quand j’avais 8 ans lorsqu’il a porté le maillot de Velez Starsfield. C’était lors de la saison qui a suivi son départ du PSG. C’est le meilleur attaquant argentin de l’histoire du championnat de France. Un numéro neuf très technique, très fin et très rapide. Grand par la taille et le talent ».


Lisandro Lopez : Lyon (2009/2013), Argentine (7 sélections, 1 but)

« Lisandro Lopez un attaquant au fort tempérament. Un numéro 9 avec une gnaque impressionnante. Il a été une référence à Lyon ». En quelques mots, Fernando D’Amico a bien résumé le personnage. En 2009, Licha est arrivé pour 24 millions d’euros. Une somme dérisoire comparée aux prix des grands attaquants aujourd’hui sur le marché des transferts. Avec l’OL, il n’a pas remporté de titre de champion de France. Mais il a gagné la Coupe de France 2012. C’est lui d’ailleurs qui marque le seul but de la finale face à Quevilly.

Lisandro Lopez, c’est l’homme qui a réussi à remplacer l’irremplaçable Karim Benzema. C’est l’homme qui a fait vibrer le Stade Gerland. C’est aussi l’homme qui a su trouver les mots pour haranguer ses troupes dans le vestiaire à Santiago Bernaubeu. Ce soir-là, l’OL a réussi l’authentique exploit de sortir le Real Madrid de Cristiano Ronaldo chez lui. Avec Lyon, le nouvel attaquant du Racing Club a inscrit 82 buts toutes compétitions confondues en quatre saisons.


Javier Saviola : Monaco (2004/05), Argentine (41 sélections, 11 buts)

Il avait la lourde tache de faire oublier Fernando Morientes. Et Javier Saviola, prêté à Monaco en 2004/05, a plutôt fait bonne figure à l’ASM comme le prouvent ses 18 buts marqués toutes compétitions confondues. Et en Ligue des Champions, son but du pointu permettra à l’ASM de battre le futur vainqueur Liverpool en phase de poules (1-0). « El conejo (le lapin) jouait déjà en première division argentine à 16 ans avec River Plate, rappelle Fernando D’Amico. En plus il était encore petit, presque nain. C’était un super attaquant : rapide, technique, dribbleur. Il n’était pas au niveau des Messi, Neymar, Ronaldinho mais je pense qu’il était juste en dessous. Il a quand même joué au Barça. »

 

Entraîneur Marcelo Bielsa : Marseille (2014/15), Lille (2017)
« A Marseille, il a été très bon. Ça m’a fait rêver quand je l’ai vu arriver au LOSC mais au final, j’ai été déçu par son passage à Lille, confie Fernando D’Amico. Je pensais qu’il allait réussir avec mon équipe. Il n’a pas réussi à imposer sa méthode. En plus, il n’est pas parti en bons termes avec les Lillois et les salariés du club ».


Remplaçants

Lucas Bernardi : Marseille (2000/01), Monaco (2001/2009), Argentine (6 sélections)
Mauricio Pochettino : PSG (2001/03), Bordeaux (2003/04), Argentine (20 sélections, 2 buts)
Gabriel Calderon : PSG (1987/90), Caen (1992/93), Argentine (23 sélections, 1 but)
Fernando Cavenaghi : Bordeaux (2007/11), Argentine (4 sélections)
Dario Cvitanich : Nice (2012/15)

 

Clément Lemaître