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Actuellement à la tête d’une société d’agent de joueurs, le Normand Christophe Horlaville revient avec passion sur sa carrière, qui l’a mené de Rouen à la fin des années 80 à Caen en 2001 en passant par Cannes, Guingamp, Le Havre, Metz ainsi qu’en Angleterre, mais donne aussi un avis tranché sur le foot actuel. Entretien.


Christophe Horlaville, que deviens-tu depuis la fin de ta carrière en 2001 ?

Je suis gérant d’une société d’agent de joueurs depuis 2003. Après mon arrêt à Caen, j’avais pris une année sabbatique pour savoir ce que je voulais faire car je n’avais pas vraiment d’idée. Je suis resté dans le milieu du foot et mon nouveau métier me plaît bien.

Comment juges-tu l’évolution du football depuis 15 ans ?
Quand je regarde les matchs aujourd’hui, et j’en regarde dix par semaine, la différence est énorme. Aujourd’hui, ça va dix fois plus vite mais la grande différence se fait surtout sur le plan physique et tactique. On ne se rend pas compte des efforts fournis par les joueurs aujourd’hui même si on critique notre championnat, il est de très bon niveau. Par exemple à la Juventus, des joueurs qui ont la trentaine enchaînent les matchs de très, très haut niveau et je ne sais pas comment ils font. Les joueurs d’aujourd’hui ne jouent pas le même foot que nous avant. Nous, on était treize sur la feuille de match, et ça aurait été impossible de faire sept matchs en quinze jours.

A ce rythme-là, est-ce que tu aurais pu tenir le coup ?
A Cannes en 1995, j’ai joué la Coupe de l’UEFA (l’actuelle Europa League) et on jouait trois matchs par semaine. Physiquement, c’était une tannée. On avait une super équipe mais c’était super dur. Aujourd’hui, les joueurs enchaînent les matchs de haut niveau, avec plusieurs matchs en semaine, pendant sept ou huit ans. Même à 20 ans, je n’aurais pas pu tenir la cadence. A l’époque, les entraînements étaient moins perfectionnés qu’aujourd’hui, nous n’avions pas de préparateur physique, c’était la mission du coach. Aujourd’hui, des mecs ont même un préparateur physique personnel, ce qui est bien. Aujourd’hui, quand les équipes se déplacent, elles sont cinquante : quatre kinés, deux docteurs, trois préparateurs physiques, deux physiothérapeutes, c’est une entreprise. Si le joueur veut se faire masser à minuit, il se fait masser à minuit. C’est aussi pour ça qu’ils peuvent enchaîner tous ces matchs.

« Ce qui me manque le plus, c’est la vie de vestiaire »

Quelles choses te manquent dans le monde du football ?
Ce qui me manque le plus, c’est la vie de vestiaire et aller à l’entraînement. Même encore aujourd’hui. Il m’arrive parfois de descendre dans certains vestiaires et ça me rappelle des trucs énormes. Mes meilleurs vestiaires étaient ceux de Rouen, Cannes et Metz. Quand tu arrêtes ta carrière, du jour au lendemain tu n’as plus ça et c’est terrible. Je comprends que des joueurs aient des passages à vide après leur carrière. Par contre, la compétition ne me manque pas. Je n’ai jamais été un grand compétiteur, pour moi le football n’est toujours resté qu’un jeu.

Qu’est-ce qui ne te manque pas ?
Les séances physiques. Je n’avais pas un gros cœur. Quand on partait en stage et qu’il n’y avait pas de ballon pendant dix à quinze jours, c’était très, très dur pour moi. Tous les stages étaient très compliqués. Les mises au vert aussi : partir le jeudi pour jouer le samedi. C’était dur et inutile pour moi car je suis très casanier. Aujourd’hui, les joueurs passent leur vie dans des hôtels et ça je n’aurais pas pu supporter. Certains discours d’avant-match de certains entraîneurs ne me manquent pas non plus. Aujourd’hui, j’en rigole encore.

Revenons sur tes débuts, en quoi le fait que ton père, Daniel Horlaville (international français et grand joueur de Rouen dans les années 70) soit joueur de football t’a influencé ?
Ça m’a influencé au départ quand il entraînait le club de Oissel près de Rouen. A 16 ans, j’étais face à des mecs de 35 ans qui jouaient en DH. Ce goût pour la vie de vestiaire est parti de là. Sinon j’ai toujours été passionné par le football. Quand je suis arrivé à Rouen, certains s’attendaient à avoir un crac, un grand gaucher, ce qui n’était pas mon cas. Ça a dû en surprendre plus d’un. Étant de la région, j’ai vite été adopté et comme j’ai mis des buts ça m’a facilité la chose. Mais au départ cela a peut-être été plus un handicap qu’un avantage.

« Les anciens, à l’arrière du bus, fumaient et jouaient au tarot »

Quels souvenirs gardes-tu de tes premières saisons au FCR (Football Club de Rouen)?
Tout était bien au FCR. Sauf la descente en National 1 en 1994. Je ne comprends toujours pas comment on a pu descendre alors qu’on avait quasiment la même équipe que la saison précédente où on avait joué les barrages pour l’accession en L1. Ce passage à Rouen fait partie de mes meilleurs moments : je me rappelle de mon premier but, mon premier match, l’ambiance au Stade Robert Diochon, où il y avait un très bon public. Le fait d’avoir quitté le club après une descente, ça reste un poids aujourd’hui. Je ne retiens certes que du positif car j’ai découvert le monde pro avec des jeunes comme Roger Hitoto ou Yann Soloy. Quand Arnaud Dos Santos était coach, je ne prenais pas trop mon pied, car c’était un dingue de travail sur le plan physique. Quand il est parti, on a eu Daniel Zorzetto comme coach, et il se basait essentiellement sur le jeu et le déplacement. Pendant ces années, je me suis régalé. Et j’ai eu la chance d’évoluer avec Jean-Pierre Orts devant. Rouen, c’est mon club. Tout comme Monaco. D’ailleurs, quand j’étais à Rouen, à 22 ans, Monaco avait fait une proposition à 13 millions de francs (soit 2 millions d’euros) en 1991. Rouen avait refusé et à l’époque je ne me suis pas rendu compte de l’impact que ça aurait pu avoir sur ma carrière. Je n’étais pas déçu, j’étais content à Rouen. Mais imagine aujourd’hui, un gamin de Rouen qui est contacté par l’AS Monaco, et le coach refuse, ça fout un bordel monstre.

C’était comment être joueur de foot à Rouen au début des années 90 ?
J’ai eu la chance de connaître les trois clubs normands, Rouen, Le Havre et Caen où il y a trois mentalités différentes. J’ai fait une connerie de signer au Havre mais pas quand j’ai signé à Caen. A Rouen et Caen, les mentalités étaient assez positives. Je ne me suis pas senti bien du tout au Havre, en plus je n’ai pas été bon. Dès le premier jour où j’ai signé, je savais que je faisais une connerie. Mais sinon, être joueur de foot à Rouen à l’époque, c’était très folklorique. On faisait les déplacements en bus avec les supporters des fois. Les anciens, à l’arrière du bus, fumaient et jouaient au tarot. Quand c’était en avion, on était avec les journalistes. On était professionnels avec quasiment tous un esprit amateur. A l’époque, on ne négociait pas les primes, on s’en foutait, on était content de jouer pour le FC Rouen. 80% de l’équipe était haut ou bas normand. C’était un autre monde, aujourd’hui les mecs ne portent même plus leur sac. Nous, le bus s’arrêtait pour prendre des mecs sur le bord de l’autoroute. En début d’année, le club nous donnait cinq équipements complets et tu lavais toi-même tes affaires. Après quand je suis arrivé dans des clubs de Ligue 1, tout était carré, tes affaires étaient prêtes dans le vestiaire et tes pompes cirées par les jeunes du centre de formation. C’était agréable mais ce n’était pas mon truc. Aujourd’hui, tout est fait pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions et qu’ils ne pensent qu’à une chose : jouer. C’est une bonne évolution

Par rapport aux années 90, on remarque un gros changement…
Aujourd’hui, les joueurs sont assistés de A à Z et signent leur contrat pro à 16-17 ans. Tout est téléguidé. Après concernant les centres de formation en France, écoute mon sentiment, c’est de la merde. Ils dénaturent complètement les joueurs. Ils sont formatés comme les formateurs le pensent. Certains joueurs à 20 ans, ils en ont ras le bol. Je les vois les attaquants qui sortent des centres de formation : ils font tous les mêmes appels, ils ont tous les mêmes qualités et les mêmes défauts. Quand tu as 20 gamins au centre de formation que tu en fais signer cinq et que tu vas chercher des jeunes ailleurs, de Ligue 2 ou National, et qui n’ont pas ces codes-là, donc ça veut dire que t’as fait de la merde.

«  Je ne me vois pas m’asseoir à Diochon pour regarder Quevilly jouer »

Que penses-tu du rapprochement entre Quevilly et Rouen ?
Je dois répondre franchement ou pas car je ne vais pas me faire des amis (rires) ? Si sportivement le FC Rouen et l’US Quevilly n’avaient pas d’autres moyens de faire renaître le football en Seine-Maritime, allez essayons ce rapprochement. Mais dans l’esprit des gens, est-ce que ce rapprochement est jouable ? Dans la tête de beaucoup d’entre eux, le club professionnel c’est Rouen, quoi qu’on dise. Aujourd’hui, ça s’est inversé et Quevilly avait besoin d’un stade et est monté. Mais est-ce qu’ils vont avoir le soutien populaire de la région ? La réponse est non jamais parce que c’est impossible sauf si sportivement la sauce monte, ce que je leur souhaite de tout cœur. Quevilly est en Ligue 2, je suis content car Diochon va revivre, mais ce n’est pas l’équipe de Rouen qui va jouer. Tu perds l’identité du club. Quand je passe devant le stade Diochon et que je vois les tribunes en jaune, j’ai des boutons. Aujourd’hui, les supporters pur et dur du FCR doivent se sentir lésés : l’équipe de Quevilly joue à Diochon et en plus en L2, pour eux ça fait beaucoup en deux ans. Je suis peut être resté un peu supporter mais je ne me vois pas m’asseoir à Diochon pour regarder Quevilly jouer.

En 1994, tu arrives à l’AS Cannes. Quels souvenirs gardes-tu de cette période faste de ta carrière ?
J’ai que des bons souvenirs. On avait une équipe Top. Le problème, c’est qu’on sentait déjà que le club ne tenait que sur un fil. Mais à l’époque, on avait l’un des meilleurs milieux de terrain de France avec Franck Durix, Patrick Vieira, Yohan Micoud, Kader Ferhaoui. Du coup, quand tu joues devant, c’est confortable (rires). A l’époque, j’ai vu arriver « Grand Pat » à 17 ans. Il était stupéfiant. Trois semaines après son arrivée dans le groupe il était déjà capitaine. Il n’était pas meilleur de semaine en semaine mais de jour en jour. Au bout de deux mois, on savait qu’il ne resterait pas longtemps. C’était la classe. C’était un vrai joueur de football avec un grand cœur. Quand on faisait des footings dans les bois, il nous perdait, c’était énormissime. C’était déjà un leader et replaçait parfois des joueurs de 35 ans.

Cette période est également marquée par ton entente fantastique en attaque avec Adrijan Kozniku…
Il est arrivé en cours de route, personne le connaissait et on s’entendait super bien ce qui est très important. C’était un très bon mec. On était complémentaire, il était capable d’éliminer, de percuter et de prendre la profondeur. Moi j’ai joué 16 ans, je ne me souviens pas d’avoir dribblé un joueur. J’étais plus un joueur d’axe. Il s’est mis au service du collectif. Un jour en semaine, il était venu à la maison pour regarder un match de Cannes en cassette et on avait vu comment on pouvait jouer ensemble. On s’est compris tout de suite comme avec Jean-Pierre Orts.

« Guy Lacombe était au top niveau pour la formation »

Comment vis-tu la descente aux enfers de ce club ?
Quand j’étais dans le club, je me rendais compte que c’était fragile. Mais l’ambiance et les bons résultats faisaient que ça passait. Cannes a vendu Micoud, Vieira, Kozniku, Lambourde ou moi. Le club avait besoin de vendre tous les ans pour pouvoir vivre. Tu ne peux pas tenir comme ça. Pourtant il y avait du matos, au centre de formation il y avait de sacrés joueurs. Guy Lacombe était au top niveau pour la formation. C’est le seul qui m’a fait progresser à tous les niveaux. Peut-être que le club va se refaire la cerise (il remonte en National 3 soit l’ex CFA2) mais ça va être très long. Moi j’adore l’AS Cannes mais je suis parti car je sentais que le club ne tenait que sur un fil.

Ensuite tu as joué à Guingamp en 96/97. Que retiens-tu de cette période ?
Quand je suis parti à Guingamp, tout le monde a rigolé. On m’a dit : “tu as marqué quinze buts et tu pars à Guingamp”. A l’époque, ils jouaient l’Intertoto. Ce n’était pas rien. Monaco était revenu à la charge. Mais j’avais enchaîné 60 matchs en deux ans et ma priorité était de jouer. Guingamp m’avait donné la garantie de jouer. Je me suis blessé huit mois, mais je suis persuadé que j’avais fait le bon choix. L’état d’esprit était un peu à l’ancienne mais le foot y était déjà très professionnalisé. J’ai beaucoup aimé le club. J’aurais pu aller à Monaco, j’aurais gagné des titres, j’aurais gagné beaucoup plus d’argent mais j’aurais joué que dix matchs. L’essentiel pour moi, c’était de jouer.

Tu as joué aussi quelques mois en Angleterre à Port Vale FC…
A l’époque, j’étais au Havre et ça n’allait plus. J’ai eu l’opportunité de jouer à Port Vale. Je ne me suis pas beaucoup régalé car c’était la Ligue 2, mais au niveau de l’état d’esprit, les Anglais avaient déjà 20 ans d’avance sur nous. On avait joué contre Liverpool en Coupe et mes coéquipiers pensaient vraiment qu’ils allaient gagner. Je savais qu’on allait prendre une valise mais l’état d’esprit était différent. Je suis arrivé et j’ai pris la place d’un mec qui était titulaire depuis sept ans au club. Le gars, il me changeait mes crampons et à la mi-temps, il s’asseyait à côté de moi pour me conseiller. En France, ça n’existe pas ça. J’ai beaucoup progressé en six mois et je me suis moins regardé le nombril.

« Des joueurs comme Kastendeuch, Pierre, Gaillot à Metz c’était à l’ancienne »

Ensuite, tu atterris à Metz. Quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
Ça m’a bien plu la période à Metz avec un vestiaire de trentenaire composé de Fred Meyrieu, Dany Boffin, Sylvain Kastendeuch, Pascal Pierre ou Lionel Letizi. On a fait une finale de Coupe de la Ligue (défaite 0-1 contre Lens) en 1999 et malheureusement je me suis blessé une semaine avant. On n’avait pas de résultats, mais personne ne paniquait et ça c’était surprenant. Le seul regret est de ne pas être resté après mon prêt. Le président Jean-Pierre Hureau du Havre ne voulait pas me laisser partir. Mais sinon c’est vrai que des joueurs comme Kastendeuch, Pierre, Gaillot à Metz c’était à l’ancienne. Quand tu arrivais dans le vestiaire, tu sentais que c’était leur club. Cette identité là, ça fait la force des clubs. Aujourd’hui, tu n’as plus ça. Le gamin il marque dix à quinze buts en une saison et après il est transféré.

L’année suivante, pourquoi es-tu transféré à Caen, en 1999 ?
Après mon prêt à Metz, je ne voulais plus jouer pour le Havre, j’étais chez moi, je ne m’entraînais plus avec le groupe. Le 31 août à 16h, l’ex-entraîneur de Caen, Pascal Théault, m’appelle et me dit en rigolant : « je cherche un attaquant et tu cherches un club, est-ce que tu veux venir ? ». Je lui réponds : « j’habite à une heure de Caen, j’arrive ». J’ai pris ma voiture, je suis allé à Caen et j’ai signé. J’ai géré tout ça sans agent. L’ancien président de Caen, Jean Pingeon, m’avait dit : « on ne pourra pas vous donner votre salaire du Havre ». Je lui ai répondu : « c’est à quelle heure demain l’entraînement ? ». Je suis allé à la visite médicale, j’ai même pas regardé le contrat, je l’ai signé. Je ne savais pas combien j’allais gagner, je m’en foutais. Je voulais surtout jouer et ne pas finir sur un échec au Havre. Bon après, je ne te cache ma déception quand j’ai reçu ma première paye (rires) mais ça fait partie du jeu. J’ai passé deux bonnes années à Caen, mais j’étais en mode fatigué et en plus j’avais des problèmes de genou. Le seul regret que j’ai avec Caen remonte à 1994 : après Rouen j’avais signé un pré-contrat à Caen. Je pars en vacances à Cannes. A deux jours de la reprise, on m’appelle à mon hôtel pour me dire : « écoute, on ne va pas pouvoir honorer le protocole car on va prendre Kenneth Andersson. Désolé, bonnes vacances ». Le lendemain, je vais courir au golf de Mandelieu où je croise Franck Priou et le président de Cannes, Francis Borelli. Dans la foulée, j’ai signé à Cannes.

Que retiens-tu de tes deux années à Caen ?
J’ai eu la chance de jouer avec Jérôme Rothen à gauche, qui était une machine à centrer, et Cyrille Watier. J’ai eu la chance d’avoir ces deux joueurs sur les côtés. J’ai adoré le club, le stade et le public sont top et la ville est sympa.

« Mon meilleur souvenir reste ma première saison à Cannes »

Pourquoi arrêtes-tu ta carrière en 2001 ?
J’étais encore sous contrat à Caen mais j’étais fatigué et la dernière saison avait été éprouvante. Je savais que j’allais arrêter car j’étais usé. Je n’avais plus l’envie de faire les efforts et d’aller à l’entraînement. Quand j’arrête, j’ai 32 ans et pourtant je suis sollicité par des clubs comme Nîmes ou Sochaux, qui venait de monter en L1 en 2001, mais je suis déjà passé à autre chose à ce moment-là car je n’avais plus de force.

Quels sont aujourd’hui tes meilleurs souvenirs de footballeur ?
Mon meilleur souvenir reste ma première saison à Cannes, où on avait une superbe équipe et une très bonne ambiance. J’ai fait des rencontres formidables pendant ma carrière. C’est aussi ma rencontre avec Safet Susic, Guy Lacombe ou Daniel Zorzetto, les trois coachs qui m’ont marqué. J’ai aussi été marqué par notre déplacement avec Cannes en Coupe d’Europe à Fenerbahçe. Ça a été la première fois de ma vie, et la seule, où j’ai eu peur sur un terrain. C’était un bordel pas possible. On est passé facilement mais j’avais peur que ça parte en banane et qu’on ne sorte pas vivant du truc.

Quel est le onze de la carrière de Christophe Horlaville ?
Letizi – Ber.Mendy, Ayache, Kastendeuch, Delmotte – Vieira, Durix – Meyrieu, Micoud, Rothen – Orts. Entraîneur : Guy Lacombe.

Veux-tu ajouter d’autres choses ?
J’espère que je ne vexerai personne pour le onze type, sinon j’en aurais fait trois (rires). A part ça, je voulais passer un message aux jeunes : quand vous rentrez dans les centres de formation, vous y avez plus de chances d’y arriver. Mais si à 15-16 ans vous êtes bien dans votre club de CFA ou CFA 2 et que vous êtes très bon, alors restez dans votre cocon familial le plus longtemps possible. Si vous êtes vraiment bon, vous signerez dans un club professionnel de la région ou autre car aujourd’hui, il y a des recruteurs partout. Quand vous rentrez dans un centre de formation : regardez qui en sort, ceux qui signent et vous vous rendrez compte que dans quatre ans vous serez les mêmes.

Propos recueillis par Clément Lemaître